Zoothérapie derrière les barreaux

Québec - Zoothérapie derrière les barreaux

Isabelle Saint-Onge et ses chiens. C’est elle qui anime les séances hebdomadaires de zoothérapie aux prisons de RDP et de Bordeaux.© Journal de Montréal/Marc Pigeon

Marc Pigeon
Le Journal de Montréal

Fini le temps où les chiens ne servaient qu'à chercher de la drogue dans les prisons. On a maintenant recours à eux pour amadouer les détenus les plus coriaces et les aider à devenir plus sociables. Bienvenue dans l'ère de la zoothérapie en prison.

Après les enfants, les personnes âgées et les malades, voici maintenant les animaux dans les prisons.

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Difficile d'imaginer un criminel endurci et tatoué se rouler au sol en faisant des guili-guili avec un gros bullmastiff.

Ou un autre prisonnier faisant des lulus à la coquette Molly, un bichon shitzu, et en lui chuchotant des mots doux à l'oreille.

C'est pourtant comme ça que se déroulent les séances de zoothérapie dans les prisons montréalaises. Et ça marche, jurent les responsables.

Les cinq chiens qui servent pour les séances hebdomadaires font bel et bien le bonheur d'une trentaine de détenus ciblés par les directions.

L'expérience a commencé l'an dernier, à Rivière- des-Prairies, et s'est étendue à Bordeaux ces dernières semaines.

Détenus réticents

Au début, la plupart des détenus étaient réticents et disaient venir à une première séance «juste pour voir» ou pour avoir la possibilité de sortir de leur cellule.

«Il y en a qui restent les bras croisés et qui disent ne pas vouloir parler de sentiments, d'affaires de filles», raconte la zoothérapeute attitrée des détenus, Isabelle Saint-Onge, employée par la Commission scolaire de la Pointe-de-l'île.

Mais ils se font prendre au jeu. Ils jouent avec les animaux et discutent entre eux. Bref, l'exercice favorise la communication et l'ouverture pour ces détenus, dont la plupart ont des problèmes de santé mentale.

«J'en ai même qui ont pleuré, dit Mme Saint- Onge. Aussi, des détenus s'inquiètent quand ils apprennent que je serai en vacances pendant quelques semaines. Un autre s'est demandé comment il allait y arriver dans la prison où il allait être transféré et où il n'y avait pas de zoothérapie.»

Joyeux et ouverts

De plus, ils s'arrangent pour se tenir tranquilles dans les jours précédents les séances de zoothérapie, s'ils veulent pouvoir y aller.

Au début, l'expérience a été plus difficile pour Mme Saint-Onge. Elle mettait les pieds dans une prison pour la toute première fois et trouvait le milieu impressionnant. Les détenus la testaient sans cesse.

«Mais ils se sont rendu compte que je ne tenais pas un dossier sur eux et que je ne les rapportais pas aux autorités, alors la confiance s'est établie, dit-elle. Ils disent que je suis cool

«Les gens les plus renfermés semblent s'ouvrir davantage, sont plus joyeux et améliorent leur estime de soi», dit Line Fortin, la directrice des services professionnels à la prison de Bordeaux.


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