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Un médecin condamné

Augmentations mammaires ratées

Éric Yvan Lemay
Le Journal de Montréal
21/11/2009 06h59 

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Un médecin condamné - Augmentations mammaires ratées
Le Dr Denis Bisson avait déjà reçu un avertissement du Collège des médecins en 2000. 
© Le Journal de Montréal - Archives

Un médecin vient d’être reconnu coupable d’avoir pratiqué sur deux patientes une technique controversée de transfert de gras pour leur augmentation mammaire. Manon Valade et Chantal Atkinson sont toutes deux restées avec des douleurs et des marques sur le corps après l’intervention subie en 2005.

Le Dr Denis Bisson, qui possède des cliniques de chirurgie esthétique à Montréal et Saint- Sauveur, continue malgré tout de faire la promotion de la technique sur son site Internet.

RÉAGISSEZ:

Devrait-on interdire cette technique?

Pour augmenter les seins, il injecte des cellules graisseuses prélevées par liposuccion au niveau des fesses, des cuisses et du ventre.

Dans sa décision de 33 pages, le conseil de discipline du Collège des médecins reproche au Dr Bisson d’aller à l’encontre des données scientifiques reconnues. Il est d’ailleurs le seul chirurgien esthétique à offrir ce type de traitements pour l’augmentation mammaire.

Déjà en 2000, il avait reçu un avertissement du Collège des médecins. Il avait cessé, mais a repris en 2003.

Les seins ont «fondu»

Il s’agit d’une victoire pour les deux patientes qui ont fait confiance à ce chirurgien. Les deux femmes ont dû endurer des douleurs pendant des mois, en plus d’avoir vu leurs seins « fondre » au cours des semaines suivant la chirurgie.

«J’ai des creux sur les cuisses, la forme de mes fesses a changé et j’ai des plis sur le ventre quand je prends certaines positions», avait soutenu une des patientes, Manon Valade, en entrevue au Journal quelques jours avant l’audition de la cause en septembre 2008.

Une «cobaye»

La femme de 44 ans a déboursé quelque 5 644 $ pour son augmentation mammaire. C’est suite à un accouchement qu’elle avait décidé de consulter en raison d’une diminution du volume et du galbe de ses seins.

Quant à Chantal Atkinson, elle a mentionné aux membres du conseil de discipline que les douleurs «ont persisté longtemps après, notamment à la cuisse droite.» Elle s’est sentie comme un «cobaye» aux mains du Dr Bisson.

Selon sont témoignage, le Dr Bisson lui avait promis un bonnet de plus et aucune marque sur le corps. Or, ses seins se sont amenuisés et étaient revenus à leur taille originale quatre jours après l’intervention.

  • La technique de transfert de gras existe depuis 1990. Elle n’a toutefois jamais fait consensus. On s’est notamment rendu compte qu’elle pouvait causer des microcalcifications, de l’infection et de l’écoulement.


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