Une femme handicapée et cardiaque a eu la peur de sa vie, dans la nuit de dimanche à lundi, quand un policier du Service de police de Montréal, dit-elle, s'est introduit chez elle sans prévenir.
Le policier venait récupérer les médicaments d'un homme retenu au poste de police -un colocataire de la dame.
Mme Bernier, 56 ans, habite rue Hochelaga avec son fils de 32 ans et deux colocataires : une amie de 54 ans, atteinte de dystrophie musculaire, et l'homme de 41 ans interpellé par la police, lui-même malade.
Toute la maisonnée dormait lorsque le chien s'est mis à japper face à une présence inconnue, raconte la plaignante.
Le fils de celle-ci «dormait bien dur» au sous-sol du logis. Mais «je me suis réveillée en sursaut et j'ai entendu du bruit dans l'entrée», raconte Mme Bernier.
Sa colocataire, Francine Bélanger, s'est aussi réveillée et a entendu Mme Bernier crier : «Qui est là ?».
«C'est la police», a répondu une voix. Mais que faisait un policier dans la maison au milieu de la nuit ?
Introduction troublante
«J'ai tout de suite pensé à un home invasion, reprend Mme Bernier. Il y en a tellement, de nos jours. J'étais sûr que c'était quelqu'un qui venait d'entrer par effraction. Je lui ai crié de rester là où il était.
«Quand je suis arrivée dans le corridor, dans ma chaise roulante, il était déjà sur le deuxième seuil, passé le portique.»
«Il m'a dit que [le colocataire] était au poste et avait besoin de ses médicaments ; qu'il lui avait donné sa clé. J'ai vu qu'il avait un uniforme. Mais après son départ, j'ai eu du mal à me rendormir. Je me disais que c'était peut-être un faux policier.»
Les deux femmes étaient choquées, au lendemain de la mésaventure, que le policier n'ait pas préalablement téléphoné, ni sonné à la porte, avant d'entrer.
Si bien que lundi, Mme Bernier a adressé une plainte au Commissaire à la déontologie policière.
Versions contradictoires
La version officielle du service de police de Montréal est que le policier a «frappé» et que c'est «une dame en chaise roulante qui est venue ouvrir la porte».
Réaction de la plaignante : «Je trouve qu'ils sont pas mal menteurs. Ils se couvrent entre eux. Mais je vais dire la vérité au Commissaire à la déontologie policière. Ils ont besoin de dire la vérité eux aussi.»