La canne de Roch Thériault exposée

Vieille prison de Trois-Rivières - La canne de Roch Thériault exposée

Roch-Sylvain Thériault et François Thériault, les fils du tortionnaire Roch Thériault. © COURTOISIE

Pierre O. Nadeau
Le Journal de Québec

Contrairement à ce que les deux fils de Roch «Moïse» Thériault ont déclaré dimanche à Tout le monde en parle, la fameuse canne de leur tristement célèbre père ne se trouve pas au Musée de la civilisation de Québec, mais bien dans la Vieille prison de Trois-Rivières.

Passage remarqué et émouvant de Roch-Sylvain et François Thériault, fils du gourou toujours emprisonné pour les atrocités commises dans la secte qu'il dirigeait dans les années 70 et 80. Ils sont venus présenter leur biographie, Frères de sang.

Les deux hommes, qui ont coupé les ponts avec leur père il y a neuf ans, se sont montrés indignés que le fameux bâton «avec lequel il nous a battus» soit conservé au Musée de la civilisation. «Ce n'est pas très civilisé !», a lancé Roch-Sylvain.

«C'est un artefact qui ne sert qu'à illustrer un propos», a justifié au Journal, hier, Serge Poulin, porte-parole du Musée de la civilisation, en nous apprenant que «la fameuse canne» se trouve maintenant dans la Vieille prison de Trois-Rivières.

Exposée jusqu'en 2013

Depuis le début de l'été, et jusqu'en 2013, elle a été prêtée au Musée québécois de la culture populaire de Trois-Rivières qui propose l'exposition Québec en crimes, l'histoire criminelle du Québec.

L'exposition relate des faits marquants, dont le meurtre d'Aurore l'enfant martyre, le crime de l'abbé Delorme, les crimes de Monica la Mitraille, l'affaire Sault-auxcochons, l'affaire Coffin, et des histoires de sectes comme celles de Roch Thériault et de l'Ordre du Temple solaire.

Parmi les artefacts, qui comprennent des bijoux et un faux fusil ayant appartenu à Monica la Mitraille, et une bouteille de cognac consommée par Jacques Mesrine et son avocat, une vitrine montre la fameuse canne de Moïse, avec un texte rapportant ses atrocités.

Claire Plourde, porte-parole du Musée québécois de la culture populaire, considère essentiel d'illustrer par des artefacts des histoires criminelles. «Il est important de retracer la criminalité au Québec qui témoigne du même coup de l'évolution de notre société. Il ne faut pas esquiver les côtés les plus sombres de notre histoire. Il ne faut pas les oublier pour éviter leur répétition».

Plusieurs des artefacts exposés font partie de la collection du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale du ministère de la Sécurité publique du Québec, dont le Musée de la civilisation est le dépositaire.


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