Un phénomène qui prend de l'ampleur

Gangs de rue - Un phénomène qui prend de l'ampleur

Une scène qu’on peut voir à plus de vingt endroits à Québec... Les souliers ou les espadrilles accrochés aux fils électriques par les gangs servent à délimiter leur territoire. © Didier Debusschere

Jean-Luc Lavallée
Le Jounal de Québec

Selon un rapport interne de la police de Québec sur l'état des gangs de rue dans la région, il y a maintenant 158 membres en règle identifiés à 13 gangs, dont cinq sont qualifiés de majeurs.

Le rapport, obtenu par TVA, révèle une croissance du phénomène des gangs à Québec entre 2007 et 2008. Certains chiffres éloquents montrent que les membres de gangs sont de plus en plus actifs sur la scène criminelle et défilent de plus en plus dans les corridors du palais de justice.

Les policiers ont répertorié 162 crimes liés aux gangs de rue en un an. L'escouade régionale mixte a procédé à 109 arrestations entre février 2008 et mars 2009. Près de 250 dossiers ont été judiciarisés pour différents crimes (agressions sexuelles, extorsion, enlèvement, vol, etc.) et 85 d'entre eux se sont traduits par une condamnation devant les tribunaux.

Autre fait inquiétant : des jeunes commettraient des actes violents gratuits pour se faire remarquer afin de favoriser leur recrutement. Toujours selon TVA, l'ex-leader de six gangs de rue à Longueuil, condamné dans le passé à une peine de quatre ans pour agression sexuelle, s'est implanté à Québec et serait impliqué dans plusieurs gangs à Québec.

Le Nine Gang (9Gang) aurait 21 membres dans ses rangs alors que le «83 (Rive-Sud)» en compte 25 à lui seul. Le très connu Wolf Pack -lié au scandale de la prostitution juvénile - serait formé de 12 membres contre 11 pour le HLM Place de la Rive. D'autres groupes comme le «187», le «Gang 85» et le «4183 (Rive-Sud)» seraient relativement bien organisés.

«Brigade antigang de rue»

La police de Québec a eu des discussions avec le syndicat pour mettre sur pied une «brigade antigang de rue» qui n'a jamais vu le jour. L'idée de créer une unité spécialisée de dix agents et d'un sergent a été mise au rancart en mars.

Tous les policiers seront mis à contribution dans la lutte contre le phénomène grandissant des gangs. «Ce n'est pas une question d'argent, on a décidé d'outiller nos policiers et nos enquêteurs de la meilleure façon possible. Ça fait une très grande escouade », a dit le chef Serge Bélisle, en entrevue à TVA.


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