Le tout s'est produit jeudi, lorsque Clément Routhier a été alerté par son fils de 13 ans qui avait remarqué la présence de quelque chose d'étrange dans le bac à déchets sur roues, sur le côté de la maison.
Un coup d'oeil dans le bac a permis de se rendre compte qu'il s'agissait d'un raton-laveur.
«Il n'avait pas l'air très content d'être là et il brassait pas mal», dit M. Routhier.
Avec tout ce qu'il a lu et entendu dans les médias à propos de la rage des ratons-laveurs et devant l'agressivité de l'animal, il a préféré ne rien tenter et s'en remettre à des gens qui s'y connaissent.
En téléphonant à la Ville de Blainville, M. Routhier s'est fait répondre qu'on ne pouvait rien pour lui, l'adressant plutôt à la patrouille canine... qui lui a demandé 200 $.
Renverser le bac
Devant son refus de payer, ces spécialistes des animaux lui auraient conseillé de simplement faire basculer le bac et d'ouvrir la porte afin de le laisser sortir.
Mais ce n'était pas du tout l'intention de M. Routhier.
«Ils m'ont demandé s'il avait la rage, se souvient-il. Je ne sais pas s'il avait la rage, en tout cas il était enragé ! Je ne voulais pas risquer de me faire mordre ou attaquer. Aussi, je souhaitais qu'il soit retourné dans son habitat naturel pour qu'il ne revienne plus faire des ravages dans le quartier.»
Désabusé, se sentant abandonné par sa ville, il a finalement décidé d'en disposer lui-même en soirée : il a embarqué le bac dans une camionnette et, en compagnie de son garçon de 13 ans et de sa fille de 16 ans, il a décidé d'aller le porter dans un secteur boisé.
«À un moment, ma fille a lâché un cri de mort, en disant que le raton était là, à ses pieds ! Elle paniquait et criait.»
Incrédule, M. Routhier a stoppé son véhicule.
Une attraction
«Ma fille est repartie à la maison à pied, dit-il. Quand j'ai regardé à l'intérieur, le raton était bien là. On a ouvert toutes les portes, mais il ne voulait pas sortir. On a pris des bâtons pour le pousser. Là, il s'est mis à hurler après nous.»
L'opération est devenue une véritable attraction, rue de la Renaissance, où une quinzaine de personnes se sont regroupées pour assister au «spectacle».
L'animal est finalement sorti de lui-même, prenant ensuite le chemin du boisé. M. Routhier, lui, garde un goût amer de l'aventure.
«Je ne comprends pas que c'était à moi de m'en occuper. Il y a des gens qui connaissent ça, qui ont l'équipement pour le faire. Mais ils ont refusé.»
La Ville de Blainville n'a pas rappelé le Journal.