Elle vole les médicaments des patients

Éric Yvan Lemay
Le Journal de Montréal

Une infirmière récidiviste du Centre hospitalier laurentien a été provisoirement radiée pour avoir volé des médicaments dans le sac à main d'une patiente.

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Lisanne Bordeleau n'en est pas à ses premiers démêlés avec l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. En mai 2008, elle avait déjà plaidé coupable pour d'autres vols de médicaments survenus entre juin et octobre 2005.

Pourtant, ça ne l'a pas empêché de se faire prendre en train de piger dans le sac à main d'une patiente en consultation externe, en novembre der nier. Elle a subtilisé deux comprimés de Supeudol à la patiente.

Cette fois, c'en était trop pour son employeur, qui l'a congédiée sans solde pour deux ans.

Fausses déclarations

Le Centre de santé des Sommets estimait avoir pris les mesures nécessaires pour éviter toute récidive. Dans le cadre de ses fonctions, l'infirmière n'avait plus accès aux narcotiques pour les malades.

En 2005, elle avait falsifié à plusieurs reprises des feuilles de contrôle de narcotiques pour s'approprier du Percoet et du Supeudol. Elle avait également volé des comprimés dans le sac d'une patiente de chirurgie d'un jour.

La syndique adjointe qui a déposé la plainte dans le dernier dossier s'est dite inquiète, d'autant plus que l'infirmière de 53 ans travaillait toujours pour une agence de santé privée.

«Je suis inquiète quant à la capacité de l'intimée d'exercer la profession de façon sécuritaire, alors que, malgré les mesures prises afin qu'elle n'ait pas accès aux narcotiques et aux autres drogues contrôlées, elle a tout de même réussi à s'en approprier», a soutenu Joanne Létourneau dans la plainte au Conseil de discipline.

Craintes du Conseil

Ce dernier s'est rangé aux recommandations de la syndique en radiant sur-le-champ l'infirmière qui était employée depuis 1977. Lisanne Bordeleau avait invoqué des raisons humanitaires, la nécessité de gagner sa vie, pour éviter cette radiation provisoire.

Cette mesure est prise uniquement quand on juge que la sécurité des patients est mise en péril. «Les déclarations de l'intimée relativement à sa méconnaissance des motifs pour lesquels elle a posé son geste ainsi que ses explications ne sont pas de nature à rassurer le Conseil. Elles démontrent plutôt que l'intimée semble toujours ignorer sa problématique, ce qui lui a occasionné de lourdes conséquences», soutient le Conseil dans sa décision.


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