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Gangs de rue

Sauver les jeunes par le sport


25/07/2009 08h23 

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Gangs de rue - Sauver les jeunes par le sport
Le sergent-détective Georges Widz dirigeant le camp d’entraînement des jeunes footballeurs du sud-ouest. Une activité qui tient 150 jeunes occupés. 
© Journal de Montréal/Jocelyn Malette

«Chaque année, j’enterre des gars de gangs de rue qui jouent au football avec moi. À chaque fois, je vois partir le potentiel d’un jeune. Quand tu le vois couché dans une boîte, c’est dur…»

Âgé de 60 ans, sergent-détective au poste de quartier 15, Georges Widz prendra sa retraite en août après 34 ans dans la police.

Mais en plus de ses bons coups de policier, Georges est reconnu comme un rêveur fou qui est parvenu à accomplir beaucoup pour les jeunes du sud-ouest, un secteur plutôt démuni, g râce à sa déter mination et sa passion du football.

«Les jeunes, c’est pas compliqué, il faut les sortir des bouches de métro», dit-il. Autour d’une machine à café, au début des années 1990, Georges et des collègues ont trouvé une idée pour occuper les jeunes: une équipe de football!

«Pendant qu’ils font du football, ils ne mettent pas le feu dans des poubelles et ne volent pas dans les autos», dit-il.

Le vieux stock des riches

Au départ, une équipe de 29 jeunes, dirigée par sept policiers-entraîneurs du poste 15 : les Aces. Et un homme d’affaires généreux qui a pavé la voie à de nombreux autres dons d’autres commerçants. M. Widz a aussi la chance de pouvoir compter sur des dons du service de police, qui lui refile des produits de la criminalité saisis au cours de l’année.

Le projet était lancé et on pouvait acheter équipements et chandails. Souvent, des chandails et des équipements qui ont servi deux ou trois ans et dont les villes mieux nanties se départissent.

Un projet qui a du succès

«C’est devenu comme une tradition: quand quelque chose ne va pas, le jeune appelle son coach, même la nuit. La violence conjugale a baissé de 30-40%. C’est difficile de frapper sa femme quand son fils joue au football avec un policier…»

Le projet a connu tant de succès qu’il a été exporté à Hochelaga-Maisonneuve: les Archers.

Récompense instantanée

Le football était si populaire l’été durant, que Georges Widz a eu une autre idée de génie: démarrer plus tôt, en avril, avec le concours des écoles primaires du secteur. Un gros défi de faire entrer son organisation dans les écoles dans une ligue parascolaire.

Pour ce faire, il s’est adjoint le talent des joueurs des Redmen de l’Université McGill. Encore une fois couronnée de succès, l’école secondaire Honoré-Mercier a emboîté le pas. 47 jeunes jouent dans les Aigles. Et on songe à exporter l’idée vers Hochelaga-Maisonneuve et… Westmount. Et pourquoi pas vers le collégial?

Notre policier a eu droit à tout un hommage lorsque 40 des 47 joueurs ont signé une pétition à la fin des classes: ils ne voulaient pas arrêter de jouer durant l’été! Ils se sont même excusés pour les sept autres, qui n’avaient pu être joints.

«Ça, c’est une récompense instantanée, dit-il. Je suis devenu tout émotionnel.»

Mais attention à ceux qui craignent que Georges Widz abandonne tout en prenant sa retraite en août: il aura simplement plus de temps pour penser à d’autres projets.

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