Même s’il a obtenu sa libération conditionnelle hier, Vincent Lacroix est toujours détenu au Centre de détention de Rivière-des-Prairies, faute d’argent.
L’ancien PDG de Norbourg n'est pas encore parvenu à trouver les 5000$ exigés par le juge, une des conditions de sa remise en liberté.
«En mai 2006, j’ai fait faillite. Mon père et ma sœur aussi sont en faillite. Il ne reste plus que ma mère qui doit subvenir aux besoins de tous. Je n’ai pas d’argent», a lancé Lacroix, aminci d’une trentaine de livres.
Quant à sa relation avec sa femme, une pharmacienne, elle semble battre de l’aile. «J’ai gardé contact avec ma femme et les enfants, mais je n’ai pas de contact régulier avec elle», a-t-il ajouté la voix basse.
Malgré tout, son père possède un REER, mais il doit sortir l’argent et le déposer dans un compte bancaire, car le REER n’est pas saisissable.
Un ami ou un membre de sa famille doit également signer un engagement de 50 000$, ce qui ne serait qu’une formalité.
Maison de transition
Après avoir rempli les conditions imposées par le juge, Vincent Lacroix pourra être transféré dans une maison de transition en milieu fermé, située sur la rue Saint-Jacques dans le quartier de Saint-Henri.
Chaque jour, il quittera la maison pour aller faire des travaux communautaires auprès de personnes démunies physiquement et monétairement. «Pour me faire prendre conscience de la cupidité de mes gestes.»
Pour les neuf premiers mois, il reviendra tous les soirs coucher à la maison dans une chambre, beaucoup plus confortable et accueillante qu’une cellule de prison. Ensuite, il pourra profiter d’une plus grande liberté, ce qui pourrait lui permettre d’aller visiter sa famille les fins de semaine.
Libération conditionnelle
Ayant purgé le sixième de sa peine de huit ans et demi de pénitencier pour avoir été trouvé coupable de 51 accusations pénales en vertu de la Loi sur les valeurs mobilières, Lacroix est admissible à une libération conditionnelle depuis la fin juin. Mais il était demeuré sous les verrous en raison d’autres procédures judiciaires.
C’est qu’en septembre, Vincent Lacroix devrait subir un procès au criminel. Il est accusé de 200 chefs pour avoir floué 9200 investisseurs dans un scandale se chiffrant à plus de 115 millions $.
Toutefois, ses avocats demandent l’arrêt des procédures alléguant que la Loi ne permet pas de juger une personne deux fois pour le même crime.
La décision du juge Richard Wagner est attendue dans les prochaines semaines.