Un prêtre écope 18 mois de prison

Agressions sexuelles sur mineure - Un prêtre écope 18 mois de prison

Le curé Paul-Henri Lachance s’était livré à des attouchements sur une fillette pendant trois ans. © LE JOURNAL DE QUÉBEC

Éric Thibault
Le Journal de Québec

L'ex-prêtre de la paroisse Sacré-Coeur de Québec, Paul-Henri Lachance, s'est vu infliger une peine de 18 mois de prison, hier, pour avoir agressé sexuellement une fillette pendant trois ans.

«C'est un énorme soulagement, a confié sa victime, Shirley Christensen. Ça fait trois ans que j'attends que mon agresseur soit puni et je ne m'attendais pas à une peine aussi grosse. Ça m'a pris 30 ans avant d'être capable de le dénoncer. Aujourd'hui, je suis fière de moi. Ça va peut-être m'aider à guérir la partie de moi qu'il a blessée.»

Le prêtre retraité de 78 ans s'était livré à des attouchements sexuels à une quarantaine de reprises sur elle, alors qu'elle était âgée de six à huit ans, au cours des étés 1979 à 1981. Les infractions ont été commises au presbytère de la paroisse Sacré-Coeur, située dans la basse-ville. La victime, qui trouvait le prêtre «très gentil» au départ, a dit qu'elle l'avait choisi «comme confident».

Le curé Lachance avait plaidé coupable à une accusation d'attentat à la pudeur, mais il reconnaissait avoir péché à seulement deux occasions.

Abus d'autorité

Le juge Alain Morand a qualifié sa version d'«invraisemblable». Le magistrat a aussi noté qu'il s'était «servi de son rôle de prêtre pour contourner l'objet central du litige», notamment en témoignant qu'il n'avait jamais pu observer l'anatomie féminine «à sa satisfaction» en raison de sa «profession sacerdotale».

Le juge Morand a imposé la peine réclamée par Me Valérie Lahaie, en précisant que la suggestion de la poursuite était «tout à fait adéquate dans les circonstances». Il a pris en compte «l'abus d'autorité» commis par le prêtre et les «séquelles graves» encore ressenties par la victime aujourd'hui.

Dans une longue lettre qu'elle a lue en cour, Shirley Christensen -qui a tenu à lever publiquement le voile sur son identité, malgré la nature des crimes dont elle a été la cible -a reproché à ce «représentant de Dieu» de l'avoir «salie pour toujours» en l'utilisant comme «un objet de plaisir» avant de la récompenser «avec des bonbons et de la liqueur». Mariée et mère d'une fille de trois ans, elle a déploré faire vivre à sa famille «la souillure» que le prêtre lui a laissée.


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