Pour une seconde fois en 15 jours, la police a fait le ménage chez des trafiquants de drogue d'une réserve Mohawk, hier, à Kahnawake cette fois, mettant au jour un réseau de revendeurs de crack lucratif au centre-ville de Montréal.
Le réseau, dirigé par les membres en règle des Hells Angels Salvatore Cazetta (chapitre de Montréal) et Daniel Leclerc (chapitre Nomads, Ontario), écoulait pas moins de 2000 roches de crack par semaine, uniquement dans les rues et ruelles du centre-ville.
Cazzetta avait aussi été arrêté au cours de l'opération SharQc, en avril, et a été arrêté en prison, hier.
Un vaste entrepôt fortifié, situé sur le chemin Old Chateauguay, à Kahnawake, a été perquisitionné. C'était le chef-lieu du transit de la drogue qui était par la suite distribuée aux quatre coins du Québec, par le biais de trois cellules distinctes.
Le patron présumé de cet endroit serait Burton Rice, arrêté sur la 34ième avenue, à Lachine, tôt hier matin. Son frère Peter-Francis et leur père Peter (voir autre texte) font aussi partie des individus visés par des mandats d'arrestation, a-t-on appris de source policière. Ils étaient, semble-t-il, les liens des Hells Angels.
Véritable forteresse
«Il n'y a pas d'endroit où ils (les criminels) seront à l'abri», a prévenu l'inspecteur Bernard Lamothe, hier, en conférence de presse.
L'entrepôt servait à faire transiter argent et drogue, dit la police. Avec le temps, l'entrepôt était devenu une véritable forteresse, avec ses portes aimantées, ses caméras, ses clôtures hautes de 10 pieds et ses agents de sécurité qui y travaillaient 24 h par jour et 7 jours par semaine.
«Ils se sentaient protégés en opérant sur la réserve», a dit le commandant Yves Miron.
Le bunker abritait les entreprises de construction de M. Rice, des magazines et servait d'entrepôt pour des boissons énergétiques, notamment la boisson Cintron, dans laquelle Salvatore Cazzetta a des implications.
L'endroit suscitait la suspicion des habitants de Kahnawake, qui avaient même fait des plaintes à cet effet.
Des marques pour les Hells
«La communauté ne sera pas fâchée de voir cet entrepôt démantelé, dit Kenneth Deer, un consultant en communication habitant la réserve. Les Mohawks de Kahnawake ne veulent pas de trafic chez eux.»
En plus du crack, l'organisation faisait aussi dans la cocaïne, la marijuana, les méthamphétamines et le tabac de contrebande. Les Hells Angels avaient d'ailleurs leurs marques bien à eux: Choppers, Fighters, Import-A, Patriots. La police ignore pour le moment la provenance de tous les stupéfiants.
Des «sommes majeures» d'argent ont été saisies, a dit la police, qui en divulguera la teneur aujourd'hui.
Des 60 personnes visées par la frappe d'hier, 14 sont toujours recherchées. La police a préféré ne pas les identifier. Trois femmes sont parmi les 46 personnes arrêtées.
Le réseau de distribution avait ses tentacules à Montréal, sur les couronnes nord et sud, à Mont-Tremblant et dans la région de Québec.
L'abc du crack
Le crack est reconnu comme la drogue des pauvres parce qu'il est peu coûteux sur la rue, facile à consommer et qu'il intéresse surtout une clientèle marginalisée fortement intoxiquée.
Le crack n'est pas une drogue très populaire à Montréal comparativement à la cocaïne ou à la marijuana.
Une roche de crack se vend autour de 10 $ sur la rue à Montréal.
Le crack est de la cocaïne, mais de laquelle on a retiré ou neutralisé par un procédé chimique l'acide chlorhydrique.
Les roches de crack se consomment par inhalation, ce qui crée une forte euphorie presque instantanée. Cela en fait une drogue qui conduit rapidement à une forte dépendance.