Daniel Bédard de nouveau expulsé de son propre procès

Justice - Daniel Bédard de nouveau expulsé de son propre procès

Daniel Bédard Agence QMI - archives

Stéphane Tremblay

Daniel Bédard, qui assure sa propre défense face à des accusations de harcèlement criminel envers l’Ordre des ingénieurs du Québec, n’a su profiter de la nouvelle chance accordée par le juge Richard Mongeau, aujourd'hui, au palais de justice de Montréal.

Après avoir expulsé la veille, l’accusé dans une salle d’audience voisine en raison de son comportement inacceptable, le juge a permis à l’homme de 50 ans de revenir chaînes aux pieds devant le jury pour faire sa plaidoirie.

«Vous m’avez promis de bien vous comporter. Sinon, je vous retourne dans votre salle», a d’emblée livré le magistrat.

Une consigne qui a rapidement été ignorée par l’accusé. Après deux minutes de plaidoirie, Bébard a reçu un premier avertissement. «Vous ne pouvez faire de commentaire durant votre plaidoirie. Vous n’êtes pas ici pour témoigner. Contentez-vous de la preuve», a ordonné le juge.

Après trois avertissements, le juge a levé le ton. «Je m’excuse de parler fort, mais il faut avoir de l’ordre ici», a-t-il dit en s’adressant au jury.

Au cinquième avertissement, une autre prise de bec a eu lieu entre le juge et l’accusé. «Je ne veux pas m’obstiner avec vous. Je prends des notes pour avoir des arguments en Cour d’appel».

«Sixième avertissement», a lancé le juge. «Vous êtes sévères», a répondu l’accusé. «Septième avertissement», a rétorqué le juge.

«Vous devez être nerveux, prenez une gorgée d’eau», s’est permis le résident de Repentigny.

«Je vous demande du respect. Vous ne me dicterez rien dans ma cour. Huitième avertissement. Je ne vous laisserai pas faire le bouffon devant le jury. Vous pouvez me faire n’importe quelle face, vous ne m’intimiderez pas. Neuvième avertissement».

Le juge Mongeau l’a alors avisé qu’un autre esclandre et c’était fini. Elle s’est produite quelques secondes plus tard à l’arrivée de certains amis de M. Bédard que ce dernier a salué d’un clin d’oeil. «Continuez, SVP, M. Bédard. Même si vos amis arrivent».

«Comment ça, que vous savez que ce sont mes amis, ce n’est pas mis en preuve», a une fois de trop répliqué l’accusé, dont la plaidoirie aura durée moins de 20 minutes.

«Monsieur de la détention, ramenez-le dans sa salle», a réclamé le juge d’un ton qui ne laissait place à aucune hésitation.

Daniel Bédard, qui était pourtant très calme durant sa plaidoirie, est retourné dans une salle d’audience où un système de caméra avait été installé pour qu’il puisse suivre son procès à distance.

Malgré qu’il était confiné dans une salle avec des gardiens de sécurité, Bédard a continué de gesticuler démontrant son désaccord, mais sans l’entendre puisque le juge avait coupé le son entrant. Il a toutefois pu écouter les arguments de la Couronne qui demande qu’il soit reconnu coupable d’avoir harcelé par de nombreux téléphones et courriels «parfois menaçants» des employés de l’Ordre des ingénieurs du Québec entre les mois d’août et novembre 2007.

Le jury de sept hommes et quatre femmes devrait débuter leurs délibérations demain après-midi.

Daniel Bédard, un dessinateur industriel, qui a été interné 13 mois en détention «préventive» à l’Institut Philippe Pinel et jugé apte à subir son procès, risque un emprisonnement de 10 ans.


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