Un juge a dû mettre fin à la défense d’un accusé, aujourd'hui au palais de justice de Montréal, qui depuis le début de son procès a souvent été colérique, voire déchaîné.
Daniel Bédard, qui assure sa propre défense face à des accusations de harcèlement criminel envers l’Ordre des ingénieurs du Québec, a poussé par ses agissements et son comportement insupportables le juge Richard Mongeau à bout de patience, ce matin.
Pour une quatrième fois, Bédard a été accusé d’outrage au tribunal. «Pour la première fois de ma carrière, je dois mettre fin à la défense d’un accusé», a expliqué le juge au jury, qui semblait bouleversé de sa propre décision «tellement c’est rare».
Il faut dire que Bédard, 50 ans, n’est pas passé par quatre chemins pour donner ses commentaires depuis le début de son procès à la fin avril.
Le résident de Repentigny ne cesse de crier à l’injustice et de s'obstiner avec le juge, bref, il ne respecte aucune ou presque des règles établies dans un palais de justice. «C’est de la magouille qui implique les avocats et les juges», martèle-t-il.
Le jury a été témoin de plusieurs montées de lait de l’accusé. À de nombreuses reprises, il a interrompu le juge se permettant même d’inverser les rôles lorsque le magistrat l’a expulsé de la salle pour le calmer. Bédard aurait alors mis en état d’arrestation le juge en lui disant qu’il n’avait pas le droit et que sa carrière était terminée.
Devant un comportement inacceptable, le juge a ordonné que l’accusé soit placé dans une autre salle pour suivre son procès à distance, soit par le truchement d'une télévision en circuit fermé.
Même si le magistrat avait le contrôle de la manette et appuyait sur le bouton silencieux pour limiter les dérapages, il n’a pas été en mesure de lui faire comprendre le gros bon sens, ce qui explique sa draconienne décision.
«Ce n’est pas drôle. Cette personne a besoin de soins. M. Bédard devrait être à Pinel et non devant une cour», a lancé Claudette, une résidente de Montréal venue écouter le procès par curiosité.
Mentionnons que Daniel Bédard, un dessinateur industriel, a été interné 13 mois en détention «préventive» à l’Institut Philippe Pinel. Il a été jugé apte à subir son procès. Bédard, qui affirme ne souffrir d’aucune maladie mentale, a été libéré de Pinel à la suite d’une intervention du psychiatre Pierre Mailloux.