La pornographie pervertirait la perception de la sexualité

Chez les adolescents - La pornographie pervertirait la perception de la sexualité

La pornographie virtuelle pervertit la perception de la sexualité chez certains adolescents, s’inquiètent les sexologues.


Sarah-Maude Lefebvre

La cyberpédophilie est loin d’être l’unique danger pour les adolescents sur Internet. La pornographie virtuelle pervertit la perception de la sexualité chez certains d’entre eux, s’inquiètent les sexologues.

Explorée lundi dans le cadre du 5e Congrès international francophone sur l’agression sexuelle, la thématique des usages problématiques d’Internet chez les jeunes semblent inquiéter beaucoup d’experts.

«Les adolescents vulnérables et isolés sont certainement à risque de voir leur sexualité affectée par ce qu’ils voient sur Internet. Les avis sont partagés parmi les experts et les études commencent à peine, mais on sait déjà que 50% des jeunes sont sollicités sexuellement sur Internet», explique Monique Tardif, présidente du Congrès et psycho-chercheure à l’Institut Philippe-Pinel.

L’organisme Tel-jeunes est à même de constater l’importance du phénomène de l’hypersexualisation alors que 37% des courriels et 11% des téléphones reçus traitent de sexualité.

Selon Marlène Harvey, directrice des services de Tel-Jeunes, Internet est une partie du problème, mais demeure toute de même un outil essentiel pour rejoindre les adolescents.

«Sans la confidentialité du courriel, bien des jeunes hésiteraient à nous parler», avance-t-elle.

Cette dernière croit qu’un des effets directs de la pornographie virtuelle sur les adolescents en difficulté serait la banalisation de l’agression sexuelle. «Le cas typique est celui d’une jeune fille qui nous écrit pour nous dire qu’elle trouve normal d’avaler le sperme de son copain, même si elle en ressent un malaise».

Alain Gariépy, sexologue et porte-parole de l’Association des sexologues du Québec partage aussi la croyance selon laquelle l’accès non-contrôlée à des images pornographiques virtuelles serait une des causes directes de l’hypersexualisation.

«Les sexologues, qui travaillent en étroite collaboration avec la population, le constatent dans leurs pratiques. Certains adolescents ont l’impression que s’ils n’agissent pas de manière hypersexualisée, ils passeront pour anormaux. Internet n’est qu’un aspect de cette réalité, mais il est facile d’y trouver des images inappropriées pour leur stade de développement sexuel», croit ce dernier.


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