L'hôpital n'a rien vu

Éric Yvan Lemay
Le Journal de Montréal

Une famille de Sherbrooke vit un véritable drame depuis la mort du petit Benjamin, huit mois, à la suite de complications de la varicelle. Pourtant, ils s'étaient rendus à l'hôpital deux fois dans les jours précédents et on n'a rien vu venir.

«C'est comme un cauchemar éveillé. Je n'y crois pas vraiment encore», dit la mère du bébé, Nadia Deblois, la voix nouée par l'émotion. Jamais elle n'aurait pu imaginer qu'une simple varicelle puisse lui enlever le plus jeune de ses quatre enfants.

Le bébé a contracté la maladie il y a deux semaines. Avant lui, ses soeurs Gabrielle et Victoria, tout comme son frère Alexandre, avaient combattu avec succès la maladie.

«C'était une simple varicelle. Tout le monde a déjà eu ça, mais on n'en meurt pas. On ne comprend pas», déplore le père, Jean-Michel Dault.

Rhume de la hanche

Les parents ont commencé à avoir de sérieuses inquiétudes samedi dernier en voyant qu'une des jambes de Benjamin ne se dépliait pas. Ils se sont présentés à l'urgence de l'Hôpital Fleurimont, à Sherbrooke, vers 19 h.

Après une radiographie, ils ont été renvoyés à la maison pour la nuit. Ils sont retournés le lendemain pour une échographie. On croyait alors que Benjamin souffrait d'un rhume de la hanche, une maladie rare pour un enfant de cet âge. Malgré tout, le médecin leur a seulement prescrit des Tylenol et de l'Advil.

Longues minutes d'attente

Le mercredi matin, son état s'est détérioré dramatiquement. Sur l'heure du midi, la mère a décidé de retourner à l'urgence.

Avant même de partir, le petit Benjamin s'est étouffé. Paniquée, la mère a contacté le 9-1-1. L'ambulance a mis douze longues minutes pour se rendre. Durant l'intervalle, le petit Benjamin est tombé en arrêt cardio-respiratoire.

Les tentatives pour le ranimer à l'hôpital ont été vaines. «Tout va être analysé dans ce dossier, mais on ne peut pas commenter puisqu'il y a enquête du coroner», indique la porte-parole du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, Sylvie Vallières.

«Si c'était à refaire, je consulterais mon propre médecin. Je ne me fierais pas juste à ce que le médecin de l'urgence m'a dit», conclut Nadia Deblois.

On constate entre 5 à 10 décès par année liés à la varicelle dans tout le Canada.


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