Perdre un enfant est considéré comme la pire des épreuves, mais un homme de Jonquière décrit comme le plus attentionné des pères traverse actuellement des moments d'une douleur inimaginable après avoir accidentellement heurté à mort avec sa voiture sa propre fille de trois ans.
L'horrible drame qui afflige la famille Tremblay, et qui a coûté la vie à la petite Laurie, s'est joué en quelques petites secondes, dimanche soir, au 3753, rue Saint-Jules, où la victime avait participé à une fête d'enfants en compagnie de sa grande soeur, son petit frère et ses parents.
Les festivités terminées, la petite famille a pris la décision de rentrer à leur domicile, à deux coins de rue de là, en deux groupes. Le père partait avec le garçon d'un an et demi, en voiture, tandis que la maman quittait avec ses filles, à pied.
Pour une raison que la police de Saguenay tente d'établir, la bambine s'est soudainement retrouvée derrière la voiture de son père. Ce dernier, qui ne l'a jamais aperçue, l'a frappée en reculant avec sa Mazda.
«Il n'y a pas pire chose que ça», a laissé tomber le porte-parole de la police, Jean Boily, en relatant les tristes faits et en confirmant qu'aucune accusation criminelle ne serait portée contre le père éploré.
À l'arrivée des ambulanciers, Laurie Tremblay était inconsciente, mais encore en vie. «Elle avait un pouls, respirait, mais arborait des blessures visibles importantes à la tête. Nous l'avons conduit à l'hôpital de Jonquière parce que c'était l'endroit le plus proche et qu'elle était dans un état critique.
Nous l'avons stabilisée puis elle a été transférée à Chicoutimi, où son décès a été constaté», a relaté Claude Larouche, porte-parole des services ambulanciers de Saguenay.
Bon père
L'épouvantable tragédie a ébranlé le quartier où demeure la famille Tremblay. Pascal Lavoie, chez qui avait lieu la fête d'enfants, était démoli quand le Journal s'est présenté à son domicile. Incapable de dire un mot, il a poliment décliné toute demande d'entrevue.
Au dépanneur où la victime et sa soeur allaient acheter leurs bonbons, à deux maisons de chez elles, Carl Émond était aussi en état de choc. «Elle avait commencé récemment à venir faire des commissions avec sa soeur. Leur père était bon avec ses enfants. J'ai rarement vu quelqu'un d'aussi attentionné. Des parents qui attendent une demi-heure que leurs enfants choisissent leurs bonbons, je n'ai pas vu ça sou-vent.»
«Terrible»
Les résidents de la rue Saint-Jules étaient abasourdis et compatissaient avec le père. «On a des enfants du même âge. Alors, on ne peut pas imaginer...», a dit Gilles Castonguay, dont le fils a aussi pris part à la fête chez les Lavoie.
«Ça n'a pas de sens. Ça doit être terrible ce qu'ils vivent. Ça me fait mal à l'intérieur. Mon fils jouait dehors tantôt et je ne cessais de lui dire de faire attention encore plus que d'habitude», a ajouté Manon Gauthier.