Ça coûte pas des peanuts

Amende - Ça coûte pas des peanuts

Bruce Kert s’est vu imposer une amende salée pour avoir donné à un écureuil deux petites cacahuètes, à Westmount© PHOTO LE JOURNAL - ANNIK MH DE CARUFEL

Louis Mathieu Gagné
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 22-11-2008 | 15h31

À Westmount, on ne badine pas avec les gens qui nourrissent les écureuils. Un résidant l'a appris à ses dépens en faisant face à une amende de 455 $ pour avoir donné deux cacahuètes à un mignon petit rongeur.

L'incident inusité s'est produit en septembre 2006. L'homme de 57 ans prenait sa marche quotidienne avec son chien lorsqu'il a aperçu deux cacahuètes en bordure d'une rue, à Westmount.

Voyant deux écureuils gambader dans un parc non loin de là, il a décidé d'aller donner à l'un d'eux les petits fruits.

«Un agent est venu me voir et il m'a donné une contravention. Il n'a rien voulu savoir de me donner un simple avertissement, même si c'était ma première offense», dénonce, non sans rire, Bruce Kert.

Selon ce musicien professionnel, l'amende initiale était de 75 $. Elle a cependant grimpé à 455 $ en raison des intérêts cumulés.

M. Kert affirme avoir appris d'un autre agent de sécurité publique il y a seulement trois semaines qu'il avait été reconnu coupable en 2006 de l'offense.

Il affirme même qu'un mandat d'arrestation a été émis contre lui pour amende impayée.

«Je n'ai jamais reçu de subpoena pour comparaître et me défendre en cour, se défend-il. J'ai donc été reconnu coupable par défaut et l'amende n'a pas cessé d'augmenter depuis.»

Santé publique

M. Kert n'entend pas en rester là. Il dit s'être présenté en cour récemment et avoir payé 40 $ pour avoir un nouveau procès afin de faire annuler cette amende. Il doit avoir lieu quelque part en janvier.

«C'est ridicule comme histoire. C'est fou. C'est la première fois de ma vie que je nourrissais des écureuils. Ce n'est pas comme si je leur donnais un sac de cacahuètes chaque semaine», dit-il.

«L'agent aurait pu simplement me donner un avertissement. J'aurais compris. Là, c'est excessif», poursuit-il.

À la Ville de Westmount, on se défend bien d'agir avec excès. «C'est une question de santé publique. La faune doit rester sauvage sinon, ça peut causer des problèmes de santé publique», explique la mairesse, Karin Marks.

Elle reconnaît toutefois qu'une première offense donne «normalement» lieu à un avertissement. «Ce que l'on veut avant tout, c'est éduquer les gens», conclut-elle.

lmgagne@journalmtl.com


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