Bien que le nombre de ses présumées victimes soit passé de sept à six, Jacques Vachon n'avait pas envie de se réjouir en écoutant la procureure de la poursuite réciter les horreurs qu'on lui reproche.
Il est demeuré stoïque dans le box des accusés, se contentant parfois de faire la moue. Il a aussi gardé le silence. Me Germain Côté n'a présenté aucun témoin en défense, ni même son client. Sa plaidoirie a été remise à ce matin.
Pour la poursuite, Me Nadine Dubois a d'abord demandé au juge Couture l'abandon de l'accusation d'agression sexuelle qui pesait contre Vachon à l'égard de la soeur cadette d'une de ses exconjointes - une handicapée de 20 ans - la preuve ayant été faite que le sexagénaire en avait bel et bien été acquitté au terme d'un procès expéditif tenu en 1985, à Montmagny.
Par contre, la procureure a livré une plaidoirie durant laquelle elle s'est employée à démontrer qu'il n'existait aucun doute quant aux 31 autres chefs d'accusation portés contre Vachon. Elle a longuement énuméré les crimes reprochés au résident de Saint-Just-de-Bretenières, tels que décrits par ses présumées victimes (trois ex-conjointes et trois mineures) lors du procès.
Viols à répétition, épisodes de violence par centaines, menaces avec le canon d'une arme à feu pointé sur la tête ou inséré dans la bouche de victimes, «trips à trois» forcés, coups de poing, de pied, de tue-mouches et même de fouet... Tête plongée dans un bol de toilettes, roulette russe, cheveux arrachés, dents cassées, ecchymoses en permanence sur le corps. Ainsi de suite, a narré Me Dubois, en faisant ressortir «plusieurs similitudes frappantes» dans les mauvais traitements que certaines victimes ont dit avoir en commun.