Le Dr Denis a ignoré les mises en garde

Augmentations mammaires ratées - Le Dr Denis a ignoré les mises en garde

Le Dr Denis Bisson a estimé de lui-même qu’il pouvait aller à l’encontre d’un avis du Collège des médecins sur la foi d’informations obtenues lors de congrès et dans des publications spécialisées.Photo Le Journal - Yvan Tremblay

Jean-François Codère
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 12-09-2008 | 09h24

Accusé d'avoir pratiqué des augmentations mammaires par transfert de gras malgré un avis contraire du Collège des médecins, le Dr Denis Bisson a témoigné hier avoir lui-même jugé qu'il pouvait ignorer cet avis sur la foi d'informations obtenues lors de congrès.

Témoignant pour sa propre défense devant le comité de discipline du Collège des médecins hier, le Dr Bisson a expliqué avoir cessé d'utiliser cette technique en 2000.

Le Collège venait alors de publier dans sa revue une mise en garde à ce sujet, mise en garde qu'on lui avait aussi servie personnellement.

«Cette technique [...], malgré l'intérêt théorique qu'elle peut présenter, doit être considérée comme expérimentale, pouvait-on y lire. L'évidence scientifique actuelle suggère que les bénéfices sont temporaires et que, par ailleurs, de sérieux risques peuvent survenir.»

Trois ans plus tard, à la fin 2003, le Dr Bisson a toutefois jugé bon de se lancer à nouveau, sans demander l'avis du Collège ou encore d'un collègue médecin.

Séances de formation

C'est qu'entre-temps, il avait reçu d'autres informations sur cette technique. En 2001, un manuel qualifiait la procédure de satisfaisante pour les patientes ne désirant qu'une légère augmentation.

Ce manuel, lui a-t-on toutefois fait remarquer, s'appuyait essentiellement sur des études réalisées avant la parution de l'avis du Collège et n'emmenait donc pas de fait «nouveau».

En 2002 et 2003, le Dr Bisson a aussi assisté à deux congrès en Californie, pour lesquels il a pu produire ses notes personnelles et au cours desquels ont été prononcées des conférences sur la technique. Chaque fois, une démonstration a été faite en direct.

«L'évolution des choses m'a emmené à me persuader que les inquiétudes quant à l'efficacité et à la sécurité avaient été répondues», a-t-il justifié.

L'AUDIENCE SE POURSUIT CE MATIN AVEC LE TÉMOIGNAGE DE L'EXPERT DE LA DÉFENSE.


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