VALLEYFIELD | Curé septuagénaire de la paroisse de Sainte-Martine, Denis Tremblay a été condamné hier à 22 mois de détention à purger dans la communauté pour des accusations de nature sexuelle, des gestes commis pendant une trentaine d'années sur un déficient intellectuel.l
Pour l'avocate de la poursuite, Me Isabelle Gendron, il était important que le tribunal retienne le fait que le prêtre a été en situation d'autorité (il a été tuteur de la victime pendant quatre ans), que les gestes se sont étalés sur une très longue période et, enfin, que la victime était démunie face au prêtre.
Affection
Essentiellement, c'est le déficient mental de 56 ans qui a porté plainte contre le prêtre pour une relation «affectueuse».
Les deux hommes, pendant toutes ces années, se seraient échangé des baisers et des caresses et, selon la victime, seule une fellation serait survenue au cours de toutes ces années.
L'avocat de la défense, Me Martin Pilotte, faisait valoir que toute cette affaire a coûté cher au prêtre. Tout d'abord, disait-il, son client regrette amèrement ses gestes et il n'a jamais voulu faire de mal. En plus, il a perdu son emploi et a été la cible des médias, sans compter qu'il a été détenu pendant un mois pour cette affaire.
Sanction canonique
À cela, ajoutait l'avocat, il faut considérer que le prêtre n'est pas au bout de ses peines : une fois la sanction pour ses gestes criminels imposée, il lui faudra affronter la sanction canonique, lui qui risque d'être rétrogradé au rang de laïc, un drame pour un homme qui a passé sa vie dans les ordres.
La juge Odette Perron, séance tenante, s'est rendue aux arguments des deux avocats. Elle a cependant indiqué au prêtre qu'il devrait passer les premiers six mois de son assignation à résidence sans sortir, sauf pour des raisons médicales ou religieuses et elle lui a accordé trois heures par semaine pour faire son marché.