Condamné en février à trois ans et demi de prison pour avoir blanchi une fortune en narco-dollars, l'ex-avocat Pierre Boivin sera bientôt libre et pourra reprendre son boulot de conseiller en litiges fiscaux.
Boivin, 60 ans, a plaidé coupable d'avoir blanchi l'argent sale du trafiquant Henri Bertrand, un caïd à la vocation tardive condamné en 2002 à neuf ans de prison.
Il avait déjà plus d'une soixantaine d'années quand il s'est lancé dans l'importation de drogue jamaïcaine. Entre 1992 et 1999, il a amassé une véritable fortune, ce pourquoi il s'est tourné vers l'avocat fiscaliste Pierre Boivin.
«Vous aviez un client (Bertrand) qui vous demandait de transférer de l'argent aux Bahamas. Ce client disait que l'argent provenait de la vente de condominiums en Floride. Vous auriez transféré en tout entre 850000 $ et 1 million $», résume la Commission nationale des libérations conditionnelles.
«Ce n'est que lorsque le client en question fut arrêté pour trafic de drogue que vous avez été accusé de blanchiment d'argent. Les transactions se seraient déroulées entre 1994 et 1999. Vous auriez poursuivi la gestion des finances de votre client jusqu'en 2000 et tenté de détruire les documents liés à ces activités», ajoute-t-elle.
Maison de transition
Condamné à 42 mois de prison le 27 février dernier, la commission lui permet d'aller vivre en maison de transition au sixième de sa peine.
«Les délits actuels sont de nature acquisitive et dénués de violence», explique la commission pour justifier cette libération rapide.
Au Canada, les détenus pour des crimes «non violents» peuvent bénéficier d'une libération au sixième de leur peine s'ils en sont à leur première condamnation.
La commission note que Boivin s'est vu radié à vie par le Barreau du Québec et ne peut plus agir à titre d'avocat.
Il travaillera néanmoins pour l'entreprise qu'il a fondée il y a quelques années, ce qui inquiète quelque peu la commission car il s'agit d'une entreprise de consultation en litiges fiscaux, un domaine similaire à celui qui l'a mené vers la criminalité.
«La commission s'attend à ce que vous soyez transparent et franc dans vos relations avec votre équipe de surveillance», conclut la commissaire.