La peur s'installe

Émeute à Montréal-Nord - La peur s'installe

Résidant dans le quartier depuis 20 ans, Giovanni Marcarella en a ras le bol de la violence. Il souhaite déménager.© Le Journal de Montréal - Hugo-Sébastien Aubert

Stéphane Tremblay
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 12-08-2008 | 12h13

Désolation, incompréhension et craintes. Voilà ce qui caractérisait Montréal-Nord hier, au lendemain d'une émeute qui a lourdement marqué les citoyens.

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«C'est rendu trop violent ici. Je déménage», s'est écrié Giovanni Marcarella, un résidant du quartier où la casse a eu lieu.

Une voisine de la rue Pascal déplore, quant à elle, que les actes de violence se soient multipliés à un rythme inquiétant.

«Depuis 10 ans, c'est l'enfer. Le jeune qui a été abattu par un policier samedi a été la goutte qui a fait déborder le vase. J'ai peur et je reste dans la maison», mentionne Maria Marvento, qui habite ce secteur depuis 36 ans.

«C'est dégueulasse ce que nous vivons à cause d'un gang de voyous. Je ne comprends pas ce qui se passe dans leurs têtes. Quand tu affrontes des policiers, plus rien peut t'arrêter», a souligné un citoyen croisé dans la rue.

Plusieurs personnes ont accepté de nous parler à condition de pas être identifié formellement par peur de représailles.

Parents de deux jeunes enfants, Edenrs et Patricia Jean-François craignent pour la sécurité de leur famille.

«Ce n'est pas reposant. C'est un petit groupe de vagabonds qui font le trouble et qui font passer le quartier pour un gang de bandits alors qu'il y a des gens corrects ici», assure le père.

«Certains de ces jeunes n'habitent pas ici, mais ils ont profité de la situation pour venir faire du grabuge», ajoute sa conjointe.

Même la petite Eva, 8 ans, ne se sent pas en sécurité.» J'ai peur de me promener seule. Les gens sont méchants ici et je compte sur la police pour me protéger», a-t-elle dit en re gardant passer des policiers à cheval.

Des policiers et encore des policiers

Hier, des agents à pied, à vélo ou dans un véhicule patrouillaient aussi le quartier où des voitures ont été incendiées, des immeubles saccagés et des commerces pillés par les émeutiers.

Concierge dans un édifice qui a été la cible des malfaiteurs, Diane Grenier a tout vu et entendu.» Des Blancs et des Noirs, de 12 ou 13 ans et un peu plus vieux, ont crié qu'ils voulaient affronter les policiers. Ils les ont nargués en lançant de grosses bouteilles de propane dans la rue. C'était tout un vacarme. Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit.»

Le climat était toujours tendu, hier après-midi, dans ce quartier. Plusieurs citoyens n'ont pas caché leur méfiance envers la police de Montréal.


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