Interdiction de visite

Marc Gendron
Le Journal de Montréal

Jean-Guy Roberge, un citoyen canadien résidant en Chine depuis 4 ans, en a contre Citoyenneté et Immigration Canada qui refuse, sans raison pense-t-il, de délivrer un permis de visite à sa nouvelle épouse d'origine chinoise.

«Je souhaite visiter mes quatre enfants et les proches que je n'ai pas vus depuis mon arrivée en Chine, raconte M. Roberge. Je voudrais surtout leur présenter mon épouse.»

Si rien n'empêche Jean-Guy Roberge de revenir au pays, il en va tout autrement pour sa conjointe, Li Gui Zhen, qui vient d'essuyer un second refus de la part du ministère de l'Immigration du Canada.

«La première fois, notre demande était mal préparée, avoue M. Roberge, mais cette fois, nous avons agi dans les règles de l'art.»

En suivant attentivement les recommandations énoncées sur le site Web de Citoyenneté et Immigration Canada, M. Roberge et son épouse ont rempli tous les documents de façon scrupuleuse.

«Ma sœur a même écrit une lettre pour confirmer qu'elle nous invitait chez elle pour toute la durée de notre séjour», ajoute-t-il.

Malgré tout, l'officier de visa a refusé d'émettre un permis de résidence temporaire à Mme Li Gui Zhen, prétextant qu'il n'était pas convaincu de la volonté de la dame de retourner dans son pays à la fin de son séjour, qui devait s'échelonner du 1er août au 1er octobre.

«Ma femme a un garçon de 19 ans qui étudie ici, à Chongqing. Nous avons une maison et nous prenons soin de mes beaux-parents, qui sont très âgés. Il n'est pas question que nous restions au Canada pour de bon», clame-t-il.

Démarches officielles

Refusant de s'avouer vaincu, Jean-Guy Roberge a entrepris des démarches auprès des services consulaires de l'ambassade canadienne à Beijing, des bureaux de la ministre de l'Immigration, Diane Finley, et du premier ministre, Stephen Harper.

«La seule réponse que j'ai reçue, c'est de la part du bureau du premier ministre, le 7 mai dernier. Dans ce message, un correspondant de M. Harper m'explique que les élus ne peuvent pas interférer dans les décisions des officiers de visa», conclut M. Robert qui se dit à bout de ressources.

Un cas qui n'a rien d'exceptionnel

Le cas de l'épouse de M. Roberge n'a rien d'exceptionnel, soutient Jacqueline Roby, porte-parole de Citoyenneté et Immigration Canada. «La loi m'interdit de commenter un cas en particulier, explique Mme Roby, mais je peux tout de même faire connaître nos critères de sélection.»

Selon la dame, les officiers de visa ont le mandat clair de s'assurer que les demandeurs de visa temporaire retourneront bel et bien dans leur pays à la fin de leur séjour au Canada.

«Les visiteurs doivent démontrer qu'ils ont des attaches très solides envers leur pays d'origine, ajoute-t-elle. Si un doute subsiste dans l'esprit de l'officier de visa, il se doit de refuser l'accès au pays à ce candidat.»

Immigration Canada a pris cette mesure pour éviter que, une fois leur visa expiré, les visiteurs refusent de rentrer chez eux et demandent l'asile. Jacqueline Roby croit toutefois que l'épouse de M. Roberge pourrait carrément demander d'immigrer au Canada, ce qui prendrait de six mois à un an à régler.

«Comme elle est mariée avec un Canadien, elle aurait de fortes chances d'être acceptée», conclut-elle.

En 2007, 59 097 des 72 094 (82 %) demandes de permis de visite ont été acceptées par l'ambassade du Canada à Beijing.


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