La Brigade Splash invite à la prudence

Abords des piscines - La Brigade Splash invite à la prudence

La Brigade Splash, une nouvelle vague en matière de prévention des noyades, initiée par la Société de sauvetage en collaboration avec la Régie du bâtiment du Québec, déferle sur le Québec. © Société de sauvetage

Geneviève Riel-Roberge

Les quatre animatrices de la Brigade Splash, formées en sauvetage, visiteront, gratuitement, une centaine de lieux de baignade au cours des prochaines semaines. L’objectif? Sensibiliser, pour la deuxième saison, les propriétaires de bains publics, les surveillants-sauveteurs et les utilisateurs aux mesures de sécurité à respecter aux abords des piscines publiques.

Une visite de cette Brigade, née il y a un an d’un partenariat avec la Régie du bâtiment, dure une journée. L’avant-midi est consacré aux personnels aquatiques, au perfectionnement en matière de procédures d’urgence et à l’entraînement qui leur est nécessaire.

Propriétaires et gestionnaires de bains publics sont rencontrés; les normes de sécurité concernant l’installation, la santé et la sécurité des employés sont aussi abordées. L’après-midi est consacré à des activités de sensibilisation sous forme d’animation et de jeux adaptés à l’âge des baigneurs.

Formation continue pour sauveteurs

Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage, indique en entrevue qu’un besoin de formation continue avait été perçu du côté des sauveteurs. «Il y a trois ans, les gestionnaires aquatiques et les sauveteurs avaient un besoin de formation continue en cours d’emploi durant l’été. Après analyse, nous avions considéré important de retourner nous-mêmes au bord des piscines et plages publiques pour voir comment les sauveteurs préparaient leur entraînement et leurs procédures d’urgence.»

Selon la politique de la Société de sauvetage, chaque deux ans, les sauveteurs sont effectivement tenus de se requalifier. «Au niveau des premiers soins, une requalification est exigée aux trois ans, et pour la réanimation cardiorespiratoire, la Fondation des maladies du cœur recommande que ce soit à l’année. Du côté des organismes responsables de sécurité aquatique, on a convenu que la règle du deux ans de requalification était appropriée pour que les gens aient la condition physique demandée pour répondre aux normes et standards de la Société de sauvetage», indique M. Hawkins.

Responsabilité partagée

La Brigade Splash veut aussi axer son message sur une responsabilité partagée entre sauveteurs, utilisateurs et gestionnaires de bains publics. «Les propriétaires de bains publics ont aussi des responsabilités : celles de s’assurer de la sécurité des équipements.

Les sauveteurs doivent être vigilants et détecter tout risque d’accident», mentionne Raynald Hawkins. Les utilisateurs, rappelle-t-il, doivent pour leur part respecter les consignes de sécurité et aviser les sauveteurs au besoin. La modération dans la consommation d’alcool aux abords des piscines est aussi de mise.

Jeunes garçons les plus touchés

«De façon générale, au Québec, tout plan d’eau confondu, ce sont les jeunes garçons et les hommes qui se noient», rappelle Raynald Hawkins. Sur les 32 noyades dénombrées en 2008, six décès concernaient des femmes. Bonne nouvelle cependant : dans les bains publics (incluant les plages, piscines de parcs aquatiques, de campings, d’hôtels, d’appartements), le nombre de noyades n’est que de 1 à 2 % annuellement, tel que le rapporte le directeur général de la Société de sauvetage. Les risques de traumatisme en eau peu profonde figurent aussi parmi les dangers menaçant les baigneurs.

Les rivières pointées du doigt

«Bon an mal an, entre 30 et 40 noyades sur la centaine survenant au Québec arrivent dans les rivières», rappelle Raynald Hawkins. Souvent parce que les gens se baignent à des endroits inappropriés, ou encore, ne portent pas leur vêtement de flottaison individuel (VFI) en pratiquant un sport nautique. «Le deuxième lieu où les gens se noient le plus sont les lacs, ensuite le fleuve et les piscines résidentielles».

Nouvelles installations en 2009

Raynald Hawkins souhaite voir se concrétiser deux mesures de sécurité quant aux installations des piscines publiques en 2009. La mise en place, sur la chaise du surveillant, d’un bouton d’arrêt automatique du système de succion de la piscine en est une.

«On a beaucoup travaillé au processus de la révision du règlement dans les bains publics pour s’assurer que les succions dans ces bains soient pratiquement nulles et pour éviter que les enfants restent pris si ça arrivait.» Il est aussi suggéré que les tremplins des piscines publiques de plus de trois mètres de hauteur soient munis d’un escalier plutôt que d’une échelle. «Le coroner a dit qu’il y avait lieu d’interdire les tremplins de plus d’un mètre aux jeunes de 12 ans et moins et, le cas échéant, de modifier ces tremplins pour qu’il y soit mis un escalier et que les risques de tomber soient pratiquement nuls», a-t-il ajouté.

Objectifs cette année

L’an dernier, au-delà de 1000 sauveteurs ont participé aux différents programmes d’entraînement proposés par la Brigade. Les gestionnaires de bains publics peuvent aussi, en s’inscrivant dans le site www.sauvetage.qc.ca, courir la chance de gagner un week-end pour deux personnes à Mont-Tremblant.

Près d’une centaine de gestionnaires y ont participé l’an passé. Les taux de participation aux concours constituent, selon Raynald Hawkins, une façon de mesurer les impacts des activités de la Brigade. «Les utilisateurs peuvent s’inscrire à un concours pour gagner un voyage à Disney World en répondant à une question de sécurité aquatique. Environ 6000 personnes ont participé au concours à titre d’utilisateurs.

Journal de bord des sauveteurs en ligne

Les surveillants-sauveteurs sont aussi encouragés à remplir quotidiennement un journal de bord en ligne dans le site Internet de la Société de Sauvetage. Cette formule permet de recueillir de l’information sur le quotidien des sauveteurs, l’entraînement, les interventions mineures et majeures, les relations avec la clientèle, etc.

«On espère que les 12 000 surveillants-sauveteurs au Québec viendront inscrire leur journal de bord en ligne deux fois plus que l’an dernier». En 2007, ce journal de bord avait été complété 546 fois, ce qui avait permis d’apprendre que 97 interventions mineures ont été effectuées et huit majeures, nécessitant un appel aux services préhospitaliers d’urgence. On peut rejoindre la Société de sauvetage au 1 800 265-3093 ou en se rendant au www.sauvetage.qc.ca


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