Gillet a tourné la page

Le Journal de Québec

Robert Gillet s'est désisté des procédures judiciaires de 3 760 000 $ qu'il avait intentées contre la Ville de Québec et l'enquêteur Roger Ferland du service de police de Québec suite à l'affaire Scorpion et à sa condamnation pour avoir obtenu contre rétribution les services sexuels d'une jeune fille de 17 ans.

Gillet tourne ainsi la page sur son implication dans un scandale qui a secoué la ville de Québec pendant plus de deux ans. Une brochette de gens d'affaires et l'animateur-vedette de la radio ont été arrêtés en décembre 2002 et Robert Gillet a été reconnu coupable à l'été 2004 d'un des trois chefs d'accusation déposés contre lui.

Cible d'une campagne de démolition menée par des animateurs de stations concurrentes, notamment André Arthur et Jeff Fillion, et convaincu d'avoir subi un traitement irrégulier de la part des policiers et de la Couronne, Robert Gillet avait répliqué par une série de poursuites, dont une visant l'ancien ministre de la Justice, Me Marc Bellemare, la procureure de la Couronne, Me Geneviève Lacroix, ainsi que le père de la plus jeune plaignante contre lui. Il s'était aussi déjà désisté dans cette procédure, avant de laisser tomber cette semaine celle contre la Ville de Québec et son enquêteur.

Robert Gillet a refusé hier de fournir toute explication de sa décision. «Je ne peux faire aucun commentaire», a-t-il répété à quelques reprises. Tout au plus a-t-il indiqué qu'il ne restait plus aucune procédure en marche de sa part. «Tout est terminé.» On ignore s'il a obtenu une compensation financière et si oui, à quelle hauteur. La Ville de Québec n'a aussi voulu faire aucun commentaire sur ce dossier «définitivement clos.»

La radio

L'ex-animateur a confié qu'il conservait des engagements dans le secteur immobilier à Québec mais en précisant aussitôt qu'il laissait surtout à son associé la gestion de ces investissements. «Je ne fais pas grand- chose», a-t-il admis.

Robert Gillet avait tenté un retour au micro du FM 93 à l'été 2004, après une absence de près de deux ans mais ses concurrents, André Arthur en tête, ont lancé une guerre commerciale sur la base de son implication dans le scandale de la prostitution juvénile et il a été forcé de quitter en décembre 2004. Il a intenté en revanche une poursuite de 3 millions $ contre Genex communications et ses animateurs André Arthur, Jeff Fillion, Denis Gravel, Martin Paquet. TVA était aussi visée par la poursuite. Le procés devait avoir lieu en janvier dernier. Les parties ont toutefois conclu une entente hors cour quelques jours avant de se retrouver devant le juge. Selon les informations qui ont circulé, Robert Gillet aurait alors obtenu une compensation avoisinant 1 million $.

Son désistement annoncé hier dans les procédures contre la ville de Québec met un point final à toute la saga judiciaire entourant l'affaire Scorpion.

Robert Gillet dit rêver toujours de retrouver un micro. Il n'a pas fait son deuil de ce métier qui a meublé toute sa vie professionnelle et qui en a fait une personnalité vedette et très influente à Québec. Son style d'animation se caractérisait par une bonne dose d'humour qu'il incorporait dans ses commentaires ou dans les entrevues qu'il menait habilement autant sur l'actualité politique, qu'économique ou culturelle.

«J'aimerais ça revenir à la radio mais ce n'est pas moi qui décide. Après la job de bras qui m'a été faite par Arthur et compagnie, ils (les employeurs) ont tous peur. Je n'ai pas reçu aucune proposition depuis 2004.»


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