L'accès au taxi refusé

Le Journal de Québec

Taxi Coop devra payer 5000 $ en dédommagement à un handicapé se déplaçant avec un chien Mira, parce qu'un des chauffeurs de la compagnie montréalaise a refusé de l'embarquer, prétextant ne pas être convaincu qu'il s'agissait d'un vrai chien-guide.

Sylvain LeMay a cru s'évanouir tant il était stupéfait quand, le 30 novembre 2004, un chauffeur de taxi lui a refusé l'accès à sa voiture à cause de Maine, son fidèle compagnon.

«Je ne comprenais pas, surtout que c'était un taxi de transport adapté, les conducteurs savent qu'on risque d'avoir un chien-guide», lance l'homme qui vient de célébrer ses 45 ans.

Entêtement

Devant l'entêtement du chauffeur, l'étudiant au doctorat en sociologie à l'UQAM lui a demandé de contacter son répartiteur.

À cause de sa dystrophie musculaire, maladie dégénérative qui l'affecte depuis l'âge de huit ans, M. LeMay sentait ses jambes faiblir pendant l'attente.

«J'avais peur de tomber, se rappelle-t-il. C'est pour ça que mon chien était utile, c'est lui qui m'aidait à me relever.»

Parler ainsi de son «meilleur ami» est extrêmement pénible pour lui. La bête si chère à ses yeux est décédée il y a deux ans. Depuis, il doit se déplacer en fauteuil roulant.

«C'était mon ange gardien à quatre pattes, le plus beau cadeau qu'on m'ait donné dans la vie», affirme Sylvain LeMay avec émotion.

Après discussion, le chauffeur de taxi l'a finalement refusé, affirmant ne pas être assuré que son chien était un vrai guide, malgré la carte plastifiée de Mira que l'homme lui a présentée.

Plainte

Tentant de conserver son sang-froid, il a averti le conducteur qu'il allait porter plainte. «Je voulais aller jusqu'au bout pour tous ceux qui ont subi ça. J'ai des amis aveugles à qui c'est arrivé, mais ils ne peuvent même pas voir le numéro de la voiture», dit-il tristement.

Le Tribunal des droits de la personne a été saisi de la cause. La juge Michèle Provost a tranché en faveur du plaignant.

«Taxi Coop ne pouvait ignorer les conséquences probables de son refus de l'accommoder avec son chien d'assistance», écrit la magistrate.

L'entreprise devra remettre 5000 $ à M. LeMay. Elle devra aussi élaborer et mettre par écrit une politique efficace pour contrer la discrimination, notamment sur la question du handicap.


Vidéos

Photos