Frappé d'une vive émotion en rencontrant son idole Dan Bigras, le directeur d'une maison pour sans-abri de Chicoutimi a été victime vendredi d'un malaise mortel peu avant un spectacle du chanteur.
Le drame s'est produit à la fin d'une conférence sur les jeunes itinérants donnée vendredi soir par le chanteur au Cabaret Opéra de Chicoutimi.
Alors que Dan Bigras s'apprête à quitter la tribune à l'issue de la période des questions pour se préparer en vue d'un concert, un homme l'interpelle.
Admirateur
Visiblement nerveux et fébrile, Sylvain Plourde, le directeur depuis 11 ans de la Maison des sans-abri et admirateur invétéré du chanteur, prend la parole.
«Je ne le connaissais pas. Il a livré un témoignage émouvant sur la situation des jeunes démunis. Il m'a fait plein de beaux compliments. Il m'a dit qu'il voulait me remettre une plaque hommage. C'était pas prévu, mais j'ai accepté», a raconté hier soir au Journal de Montréal le chanteur.
Un jeune protégé de M. Plourde monte alors sur la tribune. «À ce moment- là, j'entends: 'Y a-t-il un médecin dans la salle?' J'ai regardé vers le fond de la salle et j'ai vu un homme par terre. Je me suis approché et j'ai vu une infirmière en train de faire des manoeuvres de réanimation», a expliqué, bouleversé, Dan Bigras.
Une lourde perte
L'homme de 46 ans est alors vraisemblablement victime d'un arrêt cardiaque. «Je me suis occupé du petit gars. Il était vraiment paniqué. Ça semblait être comme son deuxième père», a relaté le chanteur.
Les manoeuvres de l'infirmière portent fruit et M. Plourde est ramené à la vie. De concert avec les organisateurs et les spectateurs, Dan Bigras décide d'aller de l'avant avec la programmation. Ce n'est qu'à la fin du spectacle, vers 23h30, qu'on lui apprend son décès.
Selon ce qu'a appris Dan Bigras, Sylvain Plourde tentait depuis un an et demi de le rencontrer. Il s'avoue à la fois bouleversé par cette tragédie et touché d'être l'idole de cet homme.
«On m'a dit que ce monsieur-là était comme l'ange de Chicoutimi, une espèce de vedette qui s'occupait des démunis», a-t-il expliqué, disant avoir reçu le témoignage de cinq personnes qui ont quitté la rue grâce à l'aide de M. Plourde.
Ce drame laisse un grand vide dans le milieu communautaire de Chicoutimi. « Il ne faut pas qu'il soit mort pour rien. Il y a de gros problèmes à Chicoutimi et ça va laisser un gros trou. Je vais m'impliquer pour que son travail continue», a-t-il conclu.