Encore très fragiles, un peu anxieux, mais
pressés de se lancer à corps perdu dans la
vie, Marika Aubé-Lefrançois et Anthime
Laurin sont la preuve vivante qu’il y a une
vie possible après le cancer.
Marika, aujourd’hui âgée de 17 ans, a combattu
avec succès, à l’âge de 9 ans, une tumeur
cérébrale cancéreuse et Anthime, 13 ans, relève à
peine d’une leucémie lymphoblastique qui a mis
plus de deux ans à guérir.
Au cours du week-end, Marika et Anthime
participaient, avec une vingtaine de jeunes
survivants du cancer et leurs parents, à
un colloque organisé par Leucan sur la façon de
survivre à cette maladie.
«Nous avons échangé des impressions et des
souvenirs. On s’est donné des trucs pour régler
certains problèmes et, ce qu’il y a de mieux, on
s’est rendu compte qu’on n’était pas seuls dans
notre situation», dit avec enthousiasme Anthime.
Témoignant devant les journalistes, les deux
jeunes déclaraient que, comme leurs compagnons
d’infortune, ils auraient préféré ne pas
avoir à vivre une telle expérience, mais
que maintenant que c’est passé, ils préfèrent en
tirer les enseignements utiles.
«Ça nous apporte une certaine expérience,
faut le vivre pour comprendre ce que c’est et ça
change la vision qu’on a de la
vie», explique Marika toute
songeuse.
Séquelles
En plus de perturber grandement
la vie de tous les jours
dans sa période la plus active, le
cancer entraîne des séquelles
importantes chez les jeunes.
Fatigues, nausées, faiblesses
musculaires et osseuses, irritabilité
sont des symptômes
fréquents durant la maladie et les traitements.
En période de rémission et de guérison, on note
souvent des troubles de mémoire, des difficultés
d’attention et de concentration, des troubles
de langage et des difficultés visuo-spatiales, sans
compter un système immunitaire qui reste
fragile pour toujours.
Projets
Les jeunes survivants du cancer ont le goût de
mordre dans la vie. Dans quelques années,
Marika voudrait bien travailler comme éducatrice
dans une garderie. De
son côté, Anthime songe
à devenir dessinateur
ou bédéiste.
Encore bien jeune
pour avoir de telles idées,
Marika se demande si un
jour elle pourra avoir des
enfants. Anthime, lui, a
décidé de se dévouer et
de participer aux activités
de collecte de fonds de
Leucan afin d’aider les
autres jeunes à vaincre lamaladie.
Grâce à Leucan, à l’hôpital Sainte-Justine et
au Centre hospitalier de l’université McGill,
ceux qui ont survécu au cancer peuvent espérer
mener une vie presque normale.