18e Nuit des sans-abri à Lévis

Solidarité - 18e Nuit des sans-abri à Lévis

Malgré la pluie, les jeunes étaient au rendez-vous pour cette 18e de la Nuit des sans-abri.© Photo Canoë

Geneviève Riel-Roberge

Vendredi soir, sous la pluie, au terrain de l’aréna de Saint-Romuald de Lévis. Des jeunes se réchauffent près d’un feu, d’autres, sous le chapiteau, vibrent au rythme des airs de punk et de métal. Ils participaient à la 18e Nuit des sans-abri qui se déroulait simultanément dans 22 villes du Québec.

Cette activité de solidarité envers les itinérants est organisée pour une 4e année sur la Rive Sud par le regroupement Alliance Jeunesse des chutes de la Chaudière, qui vient en aide aux jeunes en difficultés. L’objectif? Sensibiliser la population aux réalités de l’itinérance.

Distribution de soupe, projection d’une vidéo traitant des réalités de l’itinérance, corde à linge symbolique à laquelle étaient suspendus différents vêtements, autant d'éléments rappelant que les itinérants sont issus de tous les groupes d’âge. Au moins une cinquantaine de jeunes assistaient au spectacle, mettant entre autres en vedette des groupes tels The Smiles, Mascarade, Loose Connexion et Hold Your Breath.

«Il y a manque de ressources. La crise du logement affecte les jeunes», déclare Sophie Lévesque, chargée de projet à l’Alliance Jeunesse et chef de l’équipe de travailleurs de rue, qui oeuvre auprès des jeunes en difficulté depuis une dizaine d’années. Elle ajoute que parmi les revendications de la Nuit des sans-abri apparaissent, cette année, le droit au logement et le démarrage d’un grand «chantier» de logements sociaux.

Réalités de l’itinérance

Selon un dépliant distribué sur les lieux, les sans-abri peuvent se retrouver dans trois situations. Il peut s’agir d’une situation temporaire ou transitoire, épisodique ou cyclique ou encore, chronique (personne n’ayant pas de logement stable depuis un an). Toujours d’après les données fournies, Tremplin-Autonomie a hébergé 27 jeunes de de 17 à 25 ans de la Rive-Sud depuis son ouverture en septembre 2006. Cet organisme offre 12 unités de logements sur la Rive-Sud aux jeunes de 18 à 25 ans sortant des Centres jeunesse, d’une cure de désintoxication ou qui sont exclus de leur milieu familial.

«Nous commençons à être bien connus dans le milieu, car nous fréquentons les mêmes milieux que les jeunes (bars, restos, parcs, écoles aux heures de dîner). Les jeunes se confient à nous et nous les accompagnons en essayant de répondre à leurs besoins de base. Nous ne disons pas toujours d’entrée de jeu que nous sommes des travailleurs de milieu, question d’établir un lien de confiance. Dès que nous connaissons un jeune, ça nous permet d’accéder au réseau et d’en rejoindre davantage», explique Stéphanie Thivierge qui possède cinq ans d’expérience auprès des jeunes en difficulté.

Mme Thivierge affirme que l’itinérance chez les jeunes est un phénomène en croissance et résulte, en partie, d’un certain désengagement parental. Sophie Lévesque ajoute que l’itinérance chez les jeunes s’accompagne d’autres problèmes comme la toxicomanie, les problèmes familiaux, les problèmes de jeu, de santé mentale, de décrochage scolaire et de faible revenu.

L’idée d’une telle Nuit des sans-abri est aussi d’enrayer progressivement les préjugés entourant cette réalité que d’aucuns considèrent malheureusement, selon l’ensemble des intervenants présents lors de l’événement, comme un mode de vie confortable. «Il y en a souvent qui disent que ce sont (les itinérants) des bons à rien, des paresseux, qu’ils le font exprès (d’être itinérants) ou encore qu’il n’y en a pas dans la région des Chutes Chaudière», ajoute une autre intervenante.

Son de cloche des jeunes

Mickaël, 19 ans, a bénéficié des services de Tremplin-Autonomie. «Je n’avais plus de place où habiter, mais c’était temporaire. J’ai été accueilli à bras ouverts par Tremplin-Autonomie pour une deuxième fois en un an. C’était comme un appartement supervisé et un intervenant me rencontrait au moins une fois par semaine pour discuter. Maintenant, je travaille dans une ébénisterie à Saint-Romuald», raconte-t-il.

Cindy, 19 ans, vivait quant à elle des problèmes familiaux et est «au Tremplin» depuis un an. «Les intervenants m’aident à préparer mon budget, à régler les conflits et à gérer mes émotions. Une activité comme la Nuit des sans-abri aide les gens à se faire une autre idée de l’itinérance et les itinérants peuvent se changer les idées», a-t-elle mentionné.


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