Une vie après la maladie

Robert Patenaude - Une vie après la maladie

Le Dr Patenaude (gauche) et son sauveur, le Dr Claude Perreault, dans les locaux de l’Institut de recherche en immunologie et cancérologie de l’Université de Montréal.Photo Pierre Vidricaire

Éric-Yvan Lemay
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 11-06-2007 | 11h07

Vingt-cinq ans après avoir subi la première greffe de moelle osseuse pratiquée au Canada, le Dr Robert Patenaude se considère comme plus en forme que bien des hommes de son âge.

«J'approche 50 ans et j'ai l'impression d'en avoir encore 25!» dit en riant le sympathique médecin, qui oeuvre à l'urgence de l'hôpital Honoré-Mercier, à Saint- Hyacinthe.

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L'homme court chaque jour et fait plusieurs kilomètres en vélo. «Quand j'ai eu la greffe, je me suis promis de profiter de la vie», raconte-t-il. Son prochain défil'amènera à affronter la mer en solitaire sur son voilier (voir autre texte). «Je veux montrer aux gens qu'il y a de l'espoir et qu'il peut y avoir une vie après la maladie.»

Rien de commun

Il faut dire que l'histoire de cet urgentologue n'a rien de commun. En 1981, il apprend qu'il souffre de leucémie après avoir subi le bilan médical nécessaire pour faire ses stages en milieu hospitalier. Il en est alors à sa deuxième année d'études en médecine à l'Université de Montréal et sait exactement ce qui l'attend. «Je savais qu'il n'y avait pas de traitement à l'époque. On me donnait de 24 à 36 mois à vivre.»

Résigné, il poursuit tout de même ses études en se préparant à sa propre mort. «J'étais déprimé, j'avais de la misère à dormir, en plus des traitements de chimiothérapie que je devais endurer», se rappelle-t-il.

Un don de sa soeur

Puis, en 1982, son médecin traitant, le Dr Claude Perreault, lui propose une solution novatrice provenant des États-Unis.

Quelques mois plus tard, il reçoit une greffe de la moelle de sa soeur Diane. Pendant trois mois, il restera enfermé dans une salle de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont. Tout est stérilisé, y compris sa nourriture. Six mois après l'intervention, il reprend ses études et après trois ans, il cesse toute médication.

Il se dévoue à son tour pour ses patients en travaillant de 50 à 60 heures par semaine. Le doyen à l'urgence de Saint-Hyacinthe savoure chaque moment. «J'ai la chance de faire un métier que j'adore», dit il avec du feu dans les yeux. «Et puis, quand un patient est en souffrance, j'ai une bonne idée de ce qu'il vit.»

En 2003, le DrPatenaude avait publié un livre-choc intitulé La Santé, ce mal nécessaire, dans lequel il dénonçait la bureaucratie, les conditions humiliantes à l'urgence et la surmédication.


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