Il aurait tué son frère parce qu'il était «un croyant de Satan»

David Santerre
Le Journal de Montréal

«C'est un croyant de Satan», aurait lancé Najib Bellari au sujet de son frère El-Medhi, qu'il venait tout juste de poignarder à mort au restaurant du centreville où il travaillait, le 24 octobre 2005.

C'est ce que sont venus déclarer deux collègues de travail et amis de l'accusé âgé de 36 ans, hier au procès de ce dernier pour meurtre devant le juge Marc David.

Il ressort de leur témoignage qu'aux yeux de Najib Bellari, son frère aîné était un mauvais musulman.

Le soir du meurtre, Najib Bellari, qui a fait des études en administration dans son Maroc natal, est rentré au restaurant Basha, rue Sainte-Catherine Est, où il travaillait comme plongeur.

«Je veux parler à mon frère»

«Dans la soirée, un monsieur gentil, que tu peux accueillir avec plaisir, souriant, bel homme, est entré dans le restaurant et a dit je veux parler à mon frère», a témoigné le propriétaire du Basha, Youssef Sbeiti.

L'homme, c'était El-Mehdi, 38 ans, le frère aîné de Najib.

El-Mehdi a été introduit dans la cuisine du restaurant, où se trouvait Najib, par le chef cuisinier Mohammad Ibnzakour.

«C'est le frère qui a commencé à parler. Je n'entendais pas, il parlait tout bas, de façon polie, puis j'ai entendu Najib crier Sors ! Sors !», a témoigné M. Ibnzakour.

M. Ibnzakour a poursuivi en mentionnant que l'accusé a par la suite pris un couteau de chef, long d'une trentaine de centimètres, et l'a braqué vers son frère.

«Son frère s'est mis à reculer dans la salle à manger, a tenté de le calmer. Il lançait des chaises au sol pour lui bloquer le chemin. Puis il s'est tourné vers Youssef pour lui dire pourquoi il était venu et Najib en a profité pour le piquer dans le cou», a continué Mohammad Ibnzakour.

«Son sang giclait sur les murs. Il est sorti du resto et est tombé au sol», a observé M. Sbeiti.

Mauvais musulman

«Il était un croyant de Satan», aurait lancé Najib au sujet de son aîné.

Il a ensuite déposé son couteau, rangé les chaises et tables déplacées, et se serait assis en attendant la police.

Mohammad Ibnzakour a décrit l'accusé comme un érudit de l'islam.

«Il comprend bien l'islam. Je lui posais des questions couramment. Il me répondait, il m'enseignait», s'est-il remémoré.

Mais Najib était aussi un pratiquant conservateur, qui qualifiait les non pratiquants de «déviés».

Le témoignage d'Ibnzakour a provoqué de bruyants sanglots chez l'accusé.


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