La poursuite fait un bref résumé des faits

Jessica Nadeau
Le Journal de Montréal

L'artiste Ghitta Caiserman avait peur de Nima Mazhari et l'avait mis à la porte de chez elle juste avant que celui-ci ne lui vole une vingtaine de toiles.

Après plus d'une semaine de requêtes suivies du choix du jury, le procès de Nima Mazhari pour vol et recel de tableaux s'est enfin mis en branle hier matin au palais de justice de Montréal.

Dans son exposé préliminaire, le procureur Mario Dufresne a fait un bref résumé des faits.

En 2001, l'accusé Nima Mazhari partageait un atelier avec l'artiste Ghitta Caiserman, boulevard Saint-Laurent. En novembre 2001, à la suite de la mort du mari de Mme Caiserman, Mazhari s'installe dans la maison de celle-ci, rue Jeanne-Mance.

Mais rapidement la situation se détériore et Caiserman demande à Mazhari de quitter les lieux. Ce n'est qu'un mois plus tard qu'un ami, accompagné de son avocat, se rend à l'atelier du boulevard Saint-Laurent pour récupérer les nombreuses oeuvres d'art qu'elle y avait entreposées.

Selon la Couronne, c'est pendant ce mois que Mazhari aurait volé une vingtaine de toiles d'une valeur de 100 000 $.

Plusieurs de ces tableaux se retrouvent chez Myriam Bédard et son conjoint du moment, Guy Coupal, qui viendra témoigner dans les prochains jours.

Les oeuvres sont ensuite transférées chez les parents de Myriam Bédard à Québec lorsque l'ex-championne olympique déménage avec son nouveau conjoint, Nima Mazhari.

Lettre anonyme

Découvrant qu'il s'agit de toiles voilées, le père de Myriam, Pierre Bédard, envoie deux ans plus tard une lettre anonyme avec quelques photos à la fille de Caiserman, Kathe Roth, qui s'occupe des affaires de sa mère maintenant décédée.

En cour hier matin, Mme Roth a raconté au jury que sa mère, qui commençait à souffrir de démence, avait peur de Mazhari et qu'elle souhaitait annuler le bail qu'elle avait avec lui. Elle aurait même fait changer les serrures de sa résidence par mesure de précaution.

Quant à la lettre anonyme, Kathe Roth soutient n'avoir entrepris aucune démarche pour porter plainte à la police et ce, même si elle a tout de suite reconnu les oeuvres en question.

Ce n'est que quelques mois plus tard, lorsque les policiers ont communiqué avec elle, qu'elle a livré ce témoignage qui l'amène aujourd'hui devant le tribunal à titre de témoin.

  • Le procès devant jury se poursuit toute la semaine.

    jnadeau@journalmtl.com


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