«Je ne pensais pas que ça créerait un tel problème» Claudette Gladu

Gabrielle D.-Baillargeon
Le Journal de Montréal

Les propriétaires de l'Érablière au Sous-Bois, qui ont mis fin à la fête d'un groupe de clients pour permettre à des musulmans de prier, ont reçu des centaines d'appels haineux, à tel point que la co-propriétaire de la cabane à sucre croit maintenant avoir fait une erreur.

Hier, Le Journal révélait que le phénomène des accommodements raisonnables avait atteint les cabanes à sucre, en citant notamment l'exemple de l'érablière du Mont-Saint-Grégoire, qui avait mis fin à un party dans la salle de danse pour laisser un groupe de 260 musulmans s'adonner à leur prière. La nouvelle a fait le tour du Québec et du Canada.

Le prix à payer

Alors que le co-propriétaire de l'établissement Roch Gladu défendait bec et ongles sa décision sur toutes les tribunes, hier, son épouse, Claudette Gladu, déclare quant à elle avoir commis une erreur.

«On a fait une erreur. C'est dommage qu'on ait à payer comme ça. Je ne pensais pas que ça créerait un tel problème», a déploré Mme Gladu, en entrevue au Journal.

Visiblement secouée, Claudette Gladu a déclaré avoir reçu des centaines d'appels haineux au cours de la journée d'hier.

«On est deux à répondre constamment au téléphone et ça ne suffit pas, dit-elle. Nos deux lignes sont toujours occupées.»

Si c'était à refaire...

«Ils (les musulmans) voulaient prier dans la salle à manger, mais on voulait libérer de l'espace, raconte-t-elle. Alors, on les a envoyés dans la salle de danse.

«Je croyais qu'ils n'allaient prendre qu'un petit coin. On ne voulait pas déranger les autres clients. Si c'était à refaire, ça serait non tout de suite.»

Menus séparés

La propriétaire défend toutefois sa décision d'adapter le menu pour cette clientèle particulière.

«On fait des plats séparés pour ceux qui le demandent, explique-t-elle. Ça ne fait de mal à personne.»


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