Les autres propriétaires d'érablières en désaccord

Gabrielle D.-Baillargeon
Le Journal de Montréal

Les propriétaires de plusieurs cabanes à sucre sont fâchés des accommodements accordés par leurs collègues à des groupes de musulmans. Il faut respecter les traditions, selon eux.

Selon les propriétaires d'érablières contactés par le Journal, la cabane à sucre permet de célébrer des traditions vieilles de centaines d'années.

Une expérience culinaire

«La cabane à sucre, ça représente nos origines», estime Luc Picard, propriétaire de l'érablière L'Ancestral, en Montérégie.

«On y va pour vivre une expérience culinaire typiquement québécoise», souligne-t-il.

Michelle Saint-Jacques, propriétaire de la Cabane des Patriotes, est aussi de cet avis.

«Le menu est une tradition, dit-elle. Tous les plats sont faits à base de graisse de lard. Je ne suis quand même pas pour faire cuire mes fèves dans de l'huile d'olive.»

Selon la propriétaire, la gastronomie québécoise devrait être une fierté. «On reçoit des gens de tous les pays qui viennent ici pour vivre une expérience traditionnelle», raconte-t-elle.

«Les touristes ne demandent pas de changements. Et s'ils le faisaient, je refuserais.»

D'autres érablières voient plutôt les accommodements raisonnables comme une façon de faire plus d'argent et de satisfaire tout type de clientèle.

Pour les végétariens

«Beaucoup d'entreprises tentent d'accommoder le plus de clients possible», croit la directrice générale de l'Association des restaurateurs de cabanes à sucre du Québec, Sandra Beauchamp.

«Ça n'a rien à voir avec la religion, poursuit-elle. Ça peut être des végétariens, des gens qui ont des allergies...»

Selon la propriétaire d'une des plus grosses cabanes à sucre du Québec, qui a préféré garder l'anonymat, il est très facile de répondre aux désirs des clients.

«On a beaucoup de clients musulmans et s'ils le demandent à l'avance, on fait un menu spécial», explique-t-elle.

«Ce n'est pas compliqué de faire de la soupe aux légumes plutôt que de la soupe aux pois, on le fait aussi pour les végétariens.»

Ce qu'ils en pensent

  • «On a quelques coutumes dans le monde agricole comme le sirop d'érable, j'espère que les accommodements raisonnables ne nous priveront pas de ces succulents produits, en plein dans la saison.»

    - Laurent Pellerin, président de l'Union des producteurs agricoles

  • «À la cabane à sucre, les gens doivent avoir une attente raisonnable de manger du jambon. Je pense que c'est clair et connu.»

    - André Boisclair, chef du PQ

  • «C'est du domaine privé.»

    - Une porte-parole du Parti libéral du Québec, qui a refusé de commenter.

  • «Pas de commentaires.»

    - l'ADQ

    Pourquoi les musulmans ne mangent-ils pas de porc?

    Selon des spécialistes de l'islam, le porc était une viande qui s'infectait rapidement lorsqu'exposée à la chaleur. L'interdiction de manger du porc aurait donc été une loi du Coran pour des raisons de santé.

    Avec le temps, les musulmans ont développé des habitudes alimentaires qui excluent la viande de porc.

    Aujourd'hui, cette pratique n'est pas remise en question puisque selon la loi islamique, Dieu sait mieux que l'homme ce qui est bon.

    Sources: Patrice Brodeur (UdeM) et Jean-Rebé Miloty (UQUAM)


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