Les médias accusés de sensationnalisme

Perquisition

 

Daniel Renaud
Le Journal de Montréal

«Daniel a donné sa vie pour sauver celle des autres. Ça ne sert à rien de montrer ça.» Deux associations de policiers accusent les médias de faire preuve de sensationnalisme dans le traitement du meurtre du policier Daniel Tessier.

«On a franchi une limite. La population et la justice sont mal servies», prévient le président de la Fraternité des policiers de Laval, Gilles Lemieux.

Le syndicat et la Fédération des policiers municipaux en ont surtout contre la publication et la diffusion des images tournées dans la résidence de Brossard où le sergent-détective Daniel Tessier a péri.

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Alors que le Journal a pris soin de ne pas montrer le sang de la victime dans les photos qu'il a publiées mardi, des stations de télé ont été moins prudes.

«Cela constitue un manque flagrant de respect envers les membres de sa famille et ses collègues», renchérit le président de la FPMQ, Denis Côté. «Daniel n'est même pas encore enterré», rappelle M. Lemieux, qui demande le retrait des images télévisées controversées.

Les deux associations jugent aussi prématurée la reconstitution des événements faite par les médias. «On n'a pas l'ensemble de la preuve», ajoute-t-il.

Rien à se reprocher

«Ce n'est pas inhabituel de voir du sang à la télé sur les scènes d'accident», réplique Philippe Schnobb, de la Fédération professionnelle des journalistes.

«On peut peut-être s'interroger sur la pertinence générale de montrer ces images», ajoute-t-il cependant, en disant comprendre la peine des proches et des amis du policier Daniel Tessier.

«Les gens veulent savoir ce qui s'est passé. La nature des médias, c'est d'informer. Ils ont répondu aux questions et en ont soulevé d'autres», conclut M. Schnobb au sujet de la reconstitution du drame faite par les médias ces derniers jours.

drenaud@journalmtl.com


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