Plus que 65 écrans à Québec

Denise Martel
Le Journal de Québec

Avec la fermeture surprise, hier, du cinéma StarCité Fortune, la région de Québec compte 18 salles de cinéma en moins, ce qui porte à 24 le nombre d'écrans perdus en seulement un mois.

Le 23 janvier, Cinémas Fortune a également annoncé la fermeture de six des 12 salles du cinéma des Galeries de la Capitale, les plus anciennes du complexe, celles situées dans le mail.

Cela porte désormais à 65 le nombre d'écrans de cinéma dans la grande région de Québec, comparativement à 89 au début de l'année. Soit 18 écrans au StarCité de Sainte-Foy, 28 aux Cinéplex Odéon de Sainte-Foy et de Beauport, 12 au cinéma des Galeries de la Capitale, huit au Cinéplex Charest et six au Clap.

À ces derniers, il faut ajouter les deux complexes de la Rive-Sud: le Cinéma Lido, à Lévis, avec neuf salles, et le Cinéma des Chutes, à Saint-Nicolas, avec huit écrans.

Cinémas Fortune avait fait l'acquisition du StarCité et du Cinéma des Galeries, il y a dix mois, des mains de Cinéplex Odéon, alors forcée par le Bureau de la concurrence de les vendre à la suite de l'achat de la chaîne Famous Players.

Annoncé comme le plus grand complexe cinématographique au Québec et le seul, avec le Paramount à Montréal, à offrir un son THX dans toutes ses salles, le StarCité de Sainte-Foy a été construit au coût de 32 millions de dollars.

Le complexe, qui offrait 4880 sièges, a ouvert ses portes, le 12 avril 2000, cinq semaines avant son principal rival, le Cinéplex Odéon Sainte-Foy, situé la porte voisine.

Pas de miracle

Mis au courant par le Journal de la fermeture du StarCité Fortune de Sainte-Foy, M. Vincent Guzzo, gestionnaire des Cinémas Guzzo, n'était pas vraiment surpris de la nouvelle.

Ayant été vaguement intéressé par le StarCité, au moment où Odéon cherchait à le vendre, M. Guzzo soutient que le complexe, dont le loyer à lui seul était supérieur à trois millions de dollars par an, était impossible à rentabiliser.

«Les coûts d'exploitation d'un complexe comme celui-là sont tellement élevés qu'il faudrait des revenus énormes, impossibles à couvrir avec du cinéma. Moi, je ne fais pas de miracle», ajoute l'homme qui gère actuellement 151 salles réparties dans 12 complexes.

«Des cinémas dont le coût de construction est supérieur à un million de dollars par écran, ça ne peut pas faire d'argent. À New York peut-être, mais pas ici au Québec.

«Juste en loyer, le StarCité coûtait dix fois plus que ce que je paie pour chacun de mes cinémas, à l'exception des deux plus gros, dont celui du Marché central, qui me coûte tout de même deux fois moins», précise M. Guzzo, joint par téléphone à Montréal.

Un Guzzo à Québec?

L'homme d'affaires, qui n'écarte pas la possibilité d'ouvrir un cinéma à Québec, projet qu'il caressait déjà à la fin des années 1990, dit que le StarCité ne l'intéresse pas dans le contexte actuel. À moins que le propriétaire du bâtiment ne fasse faillite, ce qui ne semble pas le cas.

Toutefois, M. Guzzo ne cache pas que la fermeture du StarCité Fortune libère de la place sur le marché et qu'il pourrait être intéressant d'aller ouvrir ailleurs... à Sainte-Foy.


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