Un groupe d'élèves particulièrement turbulents de l'école primaire du Buisson a accueilli son quatrième professeur depuis le début de l'année scolaire, cette semaine.
La situation ne semble pas rose dans cette classe du quartier Les Saules. Un petit groupe d'élèves de 4e année mènerait la vie dure aux autres enfants et aux professeurs.
«Ma fille ne veut plus aller à l'école. Elle pleure à tous les jours en revenant à la maison», signale Julie Lebel, mère d'une élève.
Même son de cloche du côté de plusieurs autres parents, qui, tous, affirment voir arriver leurs enfants les larmes aux yeux, tous les soirs. «C'est épouvantable, ce qui se passe. Je ne sais plus quoi faire», affirme Nathalie Ouellet.
Les élèves turbulents s'en prendraient régulièrement verbalement et physiquement aux autres élèves et n'hésiteraient pas à invectiver leurs professeurs.
Un des élèves aurait même menacé de mettre fin à ses jours avec des ciseaux, la semaine dernière. Son cas a depuis été référé au psychologue de l'école.
Quatre professeurs
Toute cette situation serait pour le moins pénible pour les professeurs, qui se succèdent à un rythme d'enfer dans cette classe. Une première enseignante a quitté au mois de novembre pour des raisons de santé.
Une deuxième l'a remplacée jusqu'au congé de Noël, mais il semble que ce ne fut pas un succès. Les élèves auraient été plus turbulents que jamais au cours de son règne.
Une troisième enseignante a pris sa place au retour des Fêtes, mais a préféré quitter pour faire de la suppléance dans une classe de cinquième année, à la fin de la semaine dernière.
Ce qui a amené une quatrième enseignante en cinq mois, dans cette classe, cette semaine.
Retards
Les parents dénoncent ce manque de stabilité. «Ça retarde le cheminement de mon enfant. Les nouveaux professeurs ne savent jamais où les élèves sont rendus. Ma fille n'a jamais de devoirs. Ce n'est pas normal», constate Suzanne Lafrance.
Les notes de plusieurs élèves auraient d'ailleurs chuté en raison de tous ces problèmes. «Je voulais envoyer ma fille dans une école anglophone, l'année prochaine, mais je ne suis pas sûr qu'elle pourra y entrer. Ses notes étaient excellentes, avant, mais là, elles ne sont plus assez bonnes», constate Mme Ouellet.
L'an prochain?
Plusieurs parents s'inquiètent également du fait que la situation pourrait être identique, au cours des deux prochaines années, si rien ne change.
«Il n'y a qu'une classe, en 5e et en 6e année. Et puisque, avec la réforme, les enfants ne peuvent plus doubler, est-ce que ma fille va devoir subir cette situation-là pendant encore deux ans? Je suis découragée», laisse tomber Chantale Petit.
«Il faut que la situation change, autant pour nos enfants que pour les professeurs.
Ça n'a pas d'allure, ce qui se passe«, termine Julie Lebel.