Privilèges spéciaux pour les juifs

Eric Yvan Lemay
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 15-12-2006 | 11h08

Le CLSC Thérèse-de-Blainville a mis en place une série d'accommodements raisonnables pour certains membres de la communauté juive de Boisbriand. Soins à domicile le jour du sabbat, obligation de porter des manches longues même l'été et vaccination par des hommes font partie des demandes.

Selon les informations obtenues par le Journal de Montréal, les infirmières de soins à domicile sont particulièrement touchées. «Il y avait des filles qui allaient en jupe et il y avait des patients qui ne voulaient pas leur ouvrir la porte. Pour les manches courtes aussi», raconte l'ex-présidente du syndicat des infirmières, Isabelle Castonguay.

Une situation qui s'est amplifiée au cours des dernières années.

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Certaines infirmières ont même dû mettre de longues robes portées par les femmes juives pour pouvoir entrer. Selon nos informations, au moins une plainte a été portée par un membre de la communauté concernant l'habillement.

Soins à domicile

Ce n'est toutefois que la pointe de l'iceberg puisque pour accommoder les membres de la communauté, on permet depuis des années que les soins soient donnés à domicile le jour du sabbat (du vendredi soir au samedi soir) même si les patients se déplacent les autres jours.

«On a des patients qui viennent chaque jour recevoir des injections, mais le jour du sabbat, il faut les transférer aux soins à domicile parce qu'ils ne sortent pas», illustre Isabelle Castonguay, qui travaille au centre ambulatoire.

Certains jours, les infirmières doivent travailler sans lumière artificielle et en sont réduites à prodiguer des soins à la lumière des chandelles. À ce moment, on limite les soins, notamment pour les plaies de lit pour lesquelles une lumière importante est nécessaire.

Pas de femmes

La vaccination s'avère également problématique puisque plusieurs veulent que les vaccins soient administrés par des hommes. «Au centre de prélèvements, si on peut les accommoder (avec un homme), on le fait», reconnaît le directeur général du Centre de santé et de services sociaux Thérèse-de-Blainville, André Poirier.

Il y a quelques années, il a fallu l'intervention de la Santé publique pour une vaccination contre la rougeole. «La communauté avait demandé à ce que ce ne soit que des hommes qui aillent vacciner les petits garçons», souligne Isabelle Castonguay.

La direction avait alors voulu déplacer un infirmier d'Info-Santé, mais avec l'intervention de la Santé publique, ce sont finalement des infirmières qui ont administré les vaccins.

  • Le quartier juif de Boisbriand compte entre 5000 et 8000 personnes.


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