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Québec

Après l'aide aux jeunes de la rue, au tour des Africains

Stéphanie Desforges
Journal de Québec
28/10/2006 08h04 

Après avoir aidé les jeunes de la rue de Québec, Ian Gagnon met le cap sur l'Afrique pour améliorer le sort des enfants itinérants.

Ian et sa conjointe Marie-Claude, qui oeuvre elle aussi en intervention sociale, ont vendu la presque totalité de leurs biens. Lundi, ils s'envoleront en direction du Mozambique pour une aventure «bénévole» de deux ans avec les jeunes de la rue. À Maputo, où ils séjourneront parmi deux millions d'habitants, l'itinérance juvénile est un véritable fléau.

Prostitués, orphelins et VIH

«Je m'occuperai des nightgirls, ces jeunes prostituées de la rue. Maputo regorge d'orphelins de la guerre civile, de jeunes atteints du VIH et de fugueurs de longue durée. C'est aussi la première fois que j'aurai à 'affronter' des enfants de la rue», exprime celui qui a travaillé comme coordonnateur de Squat Basse-Ville, à Québec, durant quatre ans.

Ian, chapeauté par l'organisme canadienne CUSO, espère transférer ses approches et ses outils d'intervenants aux Africains. «Ce ne sont pas les même raisons qu'au Québec qui poussent ces jeunes à la rue mais la détresse reste la détresse», remarque-t-il, prenant pour exemple l'absence quasi totale de toxicomanie chez les délinquants africains, en raison de son coût élevé.

Sans toit, ni fenêtres

C'est un voyage au Rwanda, il y a deux ans, qui l'a convaincu d'intervenir dans un pays du tiers-monde.

«J'y ai visité l'équivalent de la Direction de la protection de la jeunesse. Il n'y avait pas de toit, pas de fenêtres, ni de lit. Une centaine de jeunes mangeaient autour d'une marmite sur un feu de bois», se remémore-t-il.

Selon Ian, si les gouvernements africains multiplient les lois et règlements concernant la protection de l'enfance, personne ne les applique.

Inquiétudes

À quelques heures du départ, Ian et sa conjointe ne savent pas encore où il résideront, ni comment ils arriveront financièrement, dans une population qui parle à 75 % des dialectes locaux. «Un vrai défi», remarque-t-il, rappelant que le fait d'être blanc va être également une limite à certaines de ses interventions. Pour suivre le périple d'Ian Gagnon: www.soutenir.org








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