Si les enfants «explosifs» causent des maux de tête à leurs professeurs, les parents de ces derniers se retrouvent de plus en plus démunis face aux crises de leurs rejetons.
Suzanne, mère de quatre enfants, sait de quoi il s'agit. Son cadet, 13 ans, n'est pas de tout repos depuis son entrée au secondaire. «Quand je lui dis non ou que je fais de l'autorité, il crie, menace de ne rien faire et m'affronte. Ça arrive aussi qu'il se sauve dehors. Je dirais que l'année qui vient de passer a été la pire», confie-t-elle. La mère de famille a même consulté un psychologue avec son fils pour essayer de régler le problème. «Quand il fait une crise, je ne m'obstine pas mais je tiens mon bout. J'attends qu'il se calme pour parler avec lui», poursuit-elle, avouant que la situation peut être stressante et décourageante par moments. «Aujourd'hui, les enfants ont beaucoup de droits et ils les connaissent. Quant aux parents, ils ne mettent pas toujours assez leurs culottes», remarque-t-elle.
Consultation
Selon Louise Pellerin, directrice et intervenante au service éducation Coup-de-fil -- un service téléphonique gratuit de consultation professionnelle sur les relations parents-enfants --, il n'est pas rare que des parents appellent en pleurant, ne sachant plus quoi faire pour gérer les crises et les problèmes de comportement de leurs enfants. «Ce sont habituellement des parents qui font leur possible dans des situations difficiles. Ils se sentent démunis. Ils ont tout essayé, mais ça ne fonctionne pas. En plus, ils ont peur de faire des erreurs», affirme Mme Pellerin, intervenante depuis 10 ans.
Dans ses interventions, Louise Pellerin remarque que les parents ont de plus en plus de difficultés à fixer des limites à leur progéniture. «C'est sûr que c'est plus confrontant de fixer des limites, mais les jeunes en ont besoin. S'ils n'en ont pas, ils vont toujours essayer d'aller plus loin.»
Comment réagir?
Dans ses interventions, Louise Pellerin explique aux parents que, lors d'une crise, ce n'est pas le temps d'intervenir au niveau rationnel. «Il faut dire à l'enfant, par exemple,»Je comprends que tu voulais ce morceau de gâteau«, puis mettre en mots ses émotions:»Je sais que tu es fâché«.» Là où plusieurs font une erreur, c'est d'accorder trop d'attention à l'enfant qui fait sa crise parce qu'il n'a pas eu ce qu'il voulait. «Si l'enfant donne des coups et brise des choses, il faut l'arrêter. Sinon, on le laisse faire sa crise et on lui dit qu'on lui parlera quand il se calmera, précise l'intervenante. Le meilleur truc, ça reste de faire du renforcement positif sur les gestes qu'on veut voir de la part de l'enfant», conclut-elle.