Les taux d'anorexie et de boulimie au Québec sont alarmants, selon les experts. Depuis les années 1960, le nombre de jeunes femmes souffrant de troubles alimentaires graves a triplé.
Elles seraient plus de 30 000 jeunes femmes âgées de 12 à 30 ans à souffrir de troubles sévères au Québec, explique le Dr Howard Steiger, directeur du programme de troubles alimentaires de l'hôpital Douglas.
La boulimie serait aussi en hausse, résultat d'une trop grande pression sociale sur la minceur, ajoute-t-il.
Est-ce que la maigreur des mannequins sur les passerelles peut contribuer au phénomène de l'anorexie ?
«Absolument», croit-t-il.
«Je doute que les designers soient conscients du tort qu'ils peuvent causer», dit-il.
Modèle espagnol
C'est pourquoi il applaudit la décision du gouvernement espagnol de bannir les mannequins brindilles des passerelles.
«On doit réévaluer le message que l'on veut envoyer à la population. Ce n'est pas représentatif de la population», dit-il.
«Qu'on sorte des podiums les anorexiques, ça a de l'allure, mais leurs lieux de refuge, c'est aussi les gymnases, la danse et le milieu des sports compétitifs», dit pour sa part le docteur Jean Wilkins, pédiatre à la clinique des troubles de la conduite alimentaire de l'Hôpital Sainte-Justine.
Depuis 1995, le pédiatre reçoit de 125 à 150 nouveaux cas par année.
L'âge moyen des premiers symptômes d'anorexie est passé de 15 à 11 ans.