Busac prétend dur comme fer que ses dirigeants collaborent étroitement avec les gens de la RIO, que jamais elle n'a réclamé 10,5 millions supplémentaires au gouvernement pour le nouveau concept de mur-rideau qui, en plus, n'est pas son idée mais celle de la Ville de Montréal.
Les dirigeants de Busac ont écrit une lettre au Journal de Montréal jeudi pour réfuter toutes les affirmations de la ministre du Tourisme et responsable de la Régie des installations olympiques (RIO), Françoise Gauthier, à l'effet que rien ne va plus dans la transformation du mât en tour à bureaux.
La porte-parole de Busac, Sylvie Paradis, a aussi mentionné au Journal que c'est au contraire à la demande de la RIO que les travaux ont été suspendus il y a un an en prévision des travaux de construction du prochain toit du Stade.
Les dirigeants de Busac soutiennent de plus que dès la signature de l'entente pour la transformation du mât, en 2001, ils ont demandé que les 20 millions de fonds publics soient gérés par «un fiduciaire indépendant» plutôt qu'eux-mêmes.
Il est donc inexact, selon eux, que la ministre ne sache pas comment elle pourrait récupérer les 12 millions de dollars restants dans le compte en banque de Busac et qui appartiennent aux Québécois.
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Confrontée à ces faits, la ministre Gauthier a préféré hier ne faire aucun commentaire. Son porte-parole, Jack Roy, a toutefois tenu à préciser «que la ministre a dit ce qu'elle savait et qu'il n'y a aucun doute qu'elle n'a pas menti (au Journal)».
Dans une entrevue publiée dans le Journal mercredi, la ministre pointait sérieusement du doigt la firme Busac pour la non-réalisation du projet.
Elle soutenait que la conversion du mât en tour à bureaux n'avançait plus à cause du manque de collaboration de Busac. Il semble que la ministre n'était pas bien au fait de la situation entre la RIO et Busac.
En fait, selon Mme Paradis, de Busac, ses dirigeants ont participé à toutes les rencontres convoquées par la RIO, sauf une, annulée conjointement. La ministre prétendait que les dirigeants de Busac ne s'y présentaient pas.
«Nous avons eu d'innombrables rencontres avec les gens de la RIO depuis un an, au rythme de deux à trois par mois. Nous sommes toujours au poste comme des scouts», affirme Mme Paradis en précisant que son entreprise préfère et de loin gérer des immeubles et des projets que de se retrouver dans les journaux.
Et toujours contrairement aux propos de la ministre, ce n'est pas l'idée de Busac de remplacer les hublots par des murs-rideaux, mais la «Ville de Montréal qui a imposé ce changement», précise Mme Paradis.
«On n'a même jamais entendu parler du montant de 10,5 millions évoqué par la ministre à ce sujet», ajoute-t-elle. «Ce n'est pas le bon montant. Actuellement, c'est moins cher.»
Dans ce contexte, il est bien évident, selon Busac, qu'il n'y a pas de location dans la tour.
À la Régie des installations olympiques (RIO), la porte-parole, Sylvie Bastien, convient que les gens de Busac «travaillent avec nous» et que le chiffre de 10,5 millions «n'est pas le chiffre que j'ai».
Elle précise cependant que Busac a suspendu ses travaux il y a deux ans mais qu'effectivement, le projet du nouveau toit retarde la transformation.
Busac est partenaire de la firme américaine JEMB Realty, de New York, avec laquelle elle se partage la gestion d'immeubles aux États-Unis et au Canada. Elle a signé un bail emphytéotique de 99 ans pour le mât qui devait rapporter 95 millions au gouvernement. L'entente est en renégociation.