Le projet du salon de tatouage au pénitencier de Cowansville qui visait à réduire la transmission de maladies infectieuses connaît des ratés importants.
Des détenus de l'établissement à sécurité moyenne continuent de se faire tatouer illégalement par des congénères, a appris Le Journal de Montréal.
Les relevés de saisies du pénitencier obtenus par la Loi d'accès à l'information indiquent que deux tatoueuses artisanales ont été saisies dans les cellules de détenus entre l'ouverture du salon - le 3 août - et le 31 décembre 2005.
C'est le même nombre de tatoueuses qui avaient été saisies au cours des sept mois précédant l'ouverture du salon.
Le Service correctionnel canadien (SCC) ne condamne pas pour autant, pour l'instant, ce projet de 120 000 $. «Le projet sera évalué au terme de sa première année et on décidera de la suite des choses», indique son porte-parole, Jean-Yves Roy.
Le SCC dit ignorer pour l'heure le nombre de détenus s'étant fait tatouer de façon sécuritaire par l'un des deux tatoueurs accrédités.
Exit le salon
Opposé depuis le début à ce projet, le président québécois du syndicat des agents correctionnels demande à nouveau la fin du salon de tatouage.
«Rien n'a changé. Le danger qu'un agent soit infecté par le VIH ou l'hépatite est toujours là», affirme Pierre Dumont.
Selon lui, le problème provient principalement de l'interdiction de dessiner des tatous faisant référence au sexe, à la violence et à l'appartenance à la gang.
«Les détenus qui veulent ce genre de tatouage vont aller voir le soir ceux qui tatouent», indique M. Dumont.
Le prix du tatouage pourrait aussi jouer un rôle. Une séance de tatouage coûte 5 $, ce qui correspond à 80 % du salaire quotidien d'un détenu.
Le taux d'infection au VIH et à l'hépatite C est respectivement de 10 et 30 fois plus élevé en milieu carcéral que dans le reste de la population canadienne.
Le projet-pilote a cours dans six établissements carcéraux du pays. Il est doté d'un budget total de 700 000 $.
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