John Peter Pelletier, celui-là même qu'on avait surnommé «l'agresseur de Beauport», qui avait créé une psychose dans le Vieux-Beauport, entre 1999 et 2002, en a remis, dans la soirée du 19 avril, en donnant la peur de sa vie à une jeune fille de 19 ans.
«Votre comportement s'apparente de très près à celui d'un prédateur qui surveille sa proie», a déclaré la juge Chantal Pelletier, avant de lui imposer une peine de 10 mois de prison et une probation d'une durée de trois ans comportant l'obligation de poursuivre sa thérapie pour déviants sexuels.
En juin 2004, l'individu de 34 ans a écopé d'une peine équivalant à 56 mois de prison pour avoir agressé sexuellement cinq jeunes filles de 14 à 20 ans. Pelletier qui, à l'époque, niait tout problème de déviance sexuelle, attendait ses victimes à leur descente d'autobus. Il les suivait, puis les agrippait par derrière à l'aide d'un sac ou d'une corde, pour ensuite se livrer à des attouchements sexuels sur ces dernières. Ce qu'il y a de troublant dans ce nouveau dossier et qui fait «que, selon moi, c'est un individu dangereux» a dit le procureur de la poursuite, Me Jean-Simon Larouche, c'est que, ce soir-là, Pelletier sortait de sa thérapie pour déviants sexuels au Centre hospitalier Robert-Giffard lorsqu'il a abordé la jeune fille au volant de sa petite Tercel rouge.
La jeune fille allait prendre l'autobus et elle déambulait sur le trottoir d'une rue tranquille d'un quartier résidentiel de Beauport.
Il s'est placé à un mètre d'elle et l'a suivie en voiture, en la regardant fixement. Deux fois elle a traversé la rue et deux fois il l'a suivie en circulant à l'inverse de la circulation. Elle a traversé un terrain pour le semer; il a accéléré pour la rejoindre. Lors de son témoignage, elle a mentionné qu'elle a accéléré le pas parce qu'elle avait peur pour sa sécurité. Il ne l'a quittée que lorsque, malgré la peur qui la tenaillait, elle a eu la présence d'esprit d'appeler le 9-1-1 pour donner la description de Pelletier et celle de sa voiture. Selon une policière, la jeune fille était en état de choc lorsqu'elle l'a rejointe, ce soir-là.
Il s'est toutefois refusé à faire un lien entre les crimes commis au début des années 2000 et la présente affaire, parce que, en 2002, a dit candidement l'accusé, «je m'arrangeais pour pas qu'elles me voient et j'allais plus loin, j'agressais!»