Des délais angoissants

Johanne Roy - Le Journal de Québec

Toute une déception attendait, hier, Mme Hélène Renaud-Chabot, de Scott, dont l'opération à coeur ouvert pour réparer un anévrisme a été reportée de plusieurs semaines, à l'hôpital Laval, en raison de la pénurie d'anesthésistes.

«C'est comme si j'avais reçu une brique sur la tête! Je devais être opérée la semaine prochaine pour un anévrisme avancé, trois pontages et une valve aortique à remplacer. Il s'agit d'une opération très sérieuse. C'est assez urgent pour qu'on me défende de conduire ma voiture. Cela veut dire que mon anévrisme peut éclater n'importe quand».

«Avez-vous idée comment cela peut être angoissant! Ce matin (hier), on ne pouvait même pas m'assurer que l'opération se ferait au mois d'août. Imaginez, le mois d'août! J'ai le temps de mourir. Je n'haïs pas cela vivre! C'est inconcevable qu'on mette ainsi la vie des gens en danger», a confié au Journal, cette dame de 75 ans, de la Beauce, qui ressent une vive inquiétude.

Plainte déposée

Aussitôt après avoir reçu ces mauvaises nouvelles, Mme Chabot a porté plainte à la direction de l'hôpital Laval. «Je ne suis pas la seule patiente dont l'intervention cardiaque, prévue la semaine prochaine, est remise. Cela n'a pas de sens de nous laisser en plan comme cela. Je ne comprends pas qu'on fasse une chose pareille à des patients sur le point d'être opérés.

Qu'on nous réfère à Montréal, s'il le faut», a-t-elle ajouté.

Très autonome, Mme Chabot a appris il y a un mois qu'elle souffrait d'un anévrisme cardiaque. Tous les tests étaient passés et elle était fin prête pour cette délicate intervention.

«Je trouvais que les choses allaient vite; j'étais remplie d'espoir. Je sais que c'est une opération qui comporte des risques. Il peut y avoir décès ou paralysie dans 10 % des cas, mais je me disais: j'ai 90 % des chances que cela réussisse. Je suis d'une nature optimiste, mais, ce matin (hier), mon moral en prend un coup.»

Pénible attente

Mme Chabot a trois filles, qui vivent à l'extérieur de la Beauce. L'une habite Longueuil, une autre est à New York, tandis que la troisième se trouve dans le sud de l'Ontario.

«Elles devaient venir me voir, en fin de semaine, juste avant l'opération.

Tout était planifié. Ce n'est pas la fin du monde, mais c'est tout de même très décevant«, a-t-elle mentionné.

«Ma condition actuelle ne me permet pas de lever des objets pesant plus de dix livres. Je n'ai pas semé de fleurs, ce printemps, car je prévoyais quelques semaines de récupération, cet été, après l'opération. Je suis réduite à faire le minimum. Tout est en attente. Je trouve cela grave, ce qu'on nous fait subir», s'est épanchée Mme Chabot.


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