Sept employés trouvés coupables

Johanne Roy

Sept infirmiers et infirmières de l'hôpital Robert-Giffard, impliqués dans le triste cas de ce patient déficient intellectuel isolé pendant six jours dans ses excréments, au début de 2003, ont été reconnus coupables de manquement à leur profession par l'Ordre des infirmières du Québec.

Trois ans et demi après ce pathétique événement, l'Ordre vient de statuer que Joanne L. Lavoie, Christian R. Langevin, Linda C. Laforest, Line Goulet, Linda D. Gauthier, Josette J. Dufour et Marc Dubé ont eu un comportement qui va à l'encontre de ce qui est généralement admis dans l'exercice de leur profession, en omettant de procéder à un suivi adéquat de ce patient, placé en isolement du 31 décembre 2002 au 5 janvier 2003.

Ce n'est pas avant quelques mois que ces infirmiers et infirmières connaîtront la nature des sanctions imposées. Ils disposeront alors de 30 jours pour en appeler. D'ici la fin des procédures, ces personnes conservent leur plein droit de pratique.

Congédiement

Dans les faits, un infirmier en chef a été congédié peu après l'événement, une autre personne a pris sa retraite depuis, tandis que les cinq autres sont toujours à l'emploi de l'hôpital Robert-Giffard. «Ces infirmiers et infirmières ont déjà fait l'objet de mesures administratives (blâme et suspension de cinq jours). Nous attendons la suite des procédures. D'ici là, c'est le statu quo pour ces employés», a brièvement commenté, hier, une porte-parole de l'établissement, Catherine Lessard.

La syndic de l'Ordre des infirmières du Québec, Sylvie Truchon, n'a pas voulu se prononcer, hier, sur les sanctions qui seront attribuées. «Chacun des infirmiers et infirmières a été reconnu coupable des infractions reprochées, selon sa fonction et son implication dans cet événement.»

Manquements

«Notamment, selon le nombre de fois qu'il a été en contact avec l'usager. Deux de ces personnes étaient davantage dans des situations d'autorité (infirmier-chef et assistante infirmière-chef). Certains éléments de contexte seront également pris en compte», a précisé Mme Truchon.

L'Ordre des infirmières du Québec reproche, entre autres, aux infirmiers et infirmières concernés d'avoir omis d'évaluer adéquatement le maintien en isolement du patient, lequel était alors dans un contexte qui ne respectait pas sa dignité, contrevenant ainsi à leur code de déontologie.

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Le fil des événements

  • - Entre le 31 décembre 2002 et le 5 janvier 2003, un patient déficient intellectuel est maintenu en isolement dans des conditions insalubres, afin de «casser son comportement négatif».
  • Souillé d'excréments, le patient serait resté presque six jours sans boire ni manger, dans une chambre exiguë d'où se dégageaient des odeurs pestilentielles.
  • À la suite d'une plainte déposée par une infirmière, la Curatrice publique et la direction de l'hôpital Robert-Giffard ont été avisées des faits, ce qui a conduit à une vaste enquête interne et à des mesures disciplinaires à l'endroit d'une vingtaine d'employés, d'éducateurs spécialisés et d'infirmières.
  • Aucune accusation criminelle n'a été déposée dans ce dossier.
  • L'hôpital Robert-Giffard a mis en place une politique de «tolérance zéro» à l'égard de tout abus envers les patients.
  • Le syndic de l'Ordre des infirmières du Québec a, de son côté, fait enquête et déposé au comité de discipline de l'Ordre des plaintes contre sept infirmiers et infirmières de l'hôpital Robert-Giffard.
  • Les auditions sur culpabilité ont été entendues en novembre 2004.
  • Le verdict de culpabilité vient de tomber.
  • Des auditions sur sanction sont prévues au cours des prochains mois.


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