«Lyne la pas fine» a son voyage...

Lise Payette - «Lyne la pas fine» a son voyage...

Collaboration spéciale

En Chine, Mao Tsé-toung, pour valoriser la moitié féminine de son peuple, a déjà déclaré que «les femmes chinoises portaient la moitié du ciel». Depuis ce jour-là, les femmes chinoises se demandent «qui porte l'autre moitié».

Un sondage Léger Marketing, publié dans Le Journal de Montréal lundi dernier, démontrait noir sur blanc que les hommes québécois se comportaient à la maison comme les cols bleus de la ville de Montréal face au travail. Ils bouchent 9 nids-de-poule en 90 heures de travail.

Autrement dit, ils ne font pas leur part du travail. Si bien qu'une femme sur deux est débordée. Elle ne voit pas le jour où la situation va changer. Une femme sur trois est en dépression. Le sondage est éloquent. Les hommes vivent comme leurs grands-pères : entretenus par des femmes dont ils font des servantes.

Pour ne pas vexer les machos québécois, le Journal, depuis, s'est empressé de mettre les choses en perspective. Il a mis la situation sur le dos des femmes (c'est une vieille tactique qui marche à tous les coups).

Les femmes, paraît-il, seraient trop contrôlantes et par le fait même jamais satisfaites de ce que font les hommes à la maison.

Ce qui aurait pour résultat de freiner les mâles dans leur enthousiasme à laver les planchers et à nettoyer les toilettes.

En fait, si les hommes ne font rien, ce n'est pas leur faute, c'est la faute des femmes, qui sont trop exigeantes. Voilà un refrain bien connu.

Tout est donc la faute des femmes. Comme d'habitude.

... les autres aussi

C'est là que Lyne la pas fine s'est fâchée. Ce personnage de femme, qu'un des machos de la série Les Invincibles a plantée au pied de l'autel dans le dernier épisode, a senti sa colère monter en elle.

Elle a revu dans sa tête tous ces bonshommes de la série, remplis d'eux-mêmes, satisfaits de leurs petites blagues et de leurs petites lâchetés, bébés-la-la jusqu'au trognon, occupés à classer les femmes comme «baisables ou non baisables» sans jamais douter de leurs qualités de séducteur pour un instant, et elle s'est mise à hurler. Au nom de toutes les autres.

Elle s'est souvenue qu'en Espagne, il y a quelques mois, le gouvernement a fait adopter une loi qui oblige les machos espagnols à partager le travail à la maison. Il paraît qu'il y en aurait plusieurs qui seraient morts sur-le-champ, étranglés dans leurs sanglots quand ils ont réalisé que c'était la fin des privilèges et qu'ils devraient entrer enfin dans le 21e siècle.

Clair pour tout le monde

Pourquoi pas ici aussi ? Les choses seraient enfin claires pour tout le monde. Comme ce serait une loi, les hommes cesseraient de penser que seule leur femme se montre exigeante et qu'il est le seul pauvre petit chou à devoir se bouger le derrière pour que la maison soit tenue correctement et que chacun y fasse sa part.

Il cesserait de penser qu'il est le seul marié à une Lyne la pas fine. Il se ferait à l'idée de faire sa part, au lieu de se considérer comme le Seigneur des lieux.

Lyne la pas fine ne serait plus considérée comme la contrôlante de service et elle pourrait, elle aussi, avoir le temps de lire un magazine avant d'aller dormir.

Parce que si les hommes ne se dépêchent pas à porter leur moitié du ciel bientôt, les femmes vont laisser tomber leur moitié à elle...

Et imaginez sur la gueule de qui elle va tomber? Il paraît qu'un homme averti en vaut deux... Ça reste à voir.


Vidéos

Photos