Alors qu’on soulignait le triste anniversaire des 15 ans de la tuerie de l’école Polytechnique, une femme, une autre, a selon toute vraisemblance été victime de violence hier à Longueuil. Sa fille de 13 ans l’a découverte sans vie, prévenant la police qui considère l’affaire comme une mort suspecte.
Nathalie Côté, 33 ans, a été trouvée inanimée à 7 h 30 hier matin. Sa fille adolescente a elle-même joint les services d’urgence via le 9-1-1 après avoir fait la macabre découverte, à son réveil.
La victime portait des marques de violence, a indiqué l’agent Pierre Quintal, porte-parole de la police de Longueuil. Selon les informations obtenues, on parle de rougeurs importantes au cou, ce qui laisserait croire à un étranglement.
Hier, les enquêteurs étaient notamment à la recherche de la voiture de Mme Côté, une Pontiac Vibe vert limette immatriculée 647 HXD, qui avait disparu de l’entrée. L’auto a été retrouvée hier soir à quelques rues de l’appartement.
Voiture suspecte
Rémy Paré, un voisin, a confié avoir observé un véhicule en marche devant le 3283, rue Matte, domicile de la victime, vers les 5 h 10.
«J’ai trouvé ça bizarre de voir une auto tous phares allumés à cette heure-là. Ça m’a donné une drôle d’impression», dit-il.
Le témoin affirme avoir remarqué qu’il s’agissait d’une Subaru bleu ciel, probablement de modèle Impreza, la voiture, selon sa compréhension personnelle, de l’ami de cœur de sa voisine. La jeune femme, discrète et peu connue du voisinage, était arrivée dans le quartier l’été dernier.
Même si le témoin Paré a été interrogé par les enquêteurs, la police de Longueuil refusait toujours hier soir de confirmer ses dires. L’avis de recherche ne concernait toujours que la Pontiac et pas la Subaru.
Et dans l’attente des résultats préliminaires d’autopsie, on traite le dossier comme une mort suspecte. Si l’hypothèse du meurtre devait se confirmer, il s’agirait du quatrième cette année à Longueuil.
Depuis Polytechnique
S’appuyant sur des statistiques de 2004, Manon Monastesse, de la Table de concertation en violence conjugale et agressions à caractère sexuel de Laval, rapporte que depuis le 6 décembre 1989, 593 femmes ont été tuées au Québec par un agresseur mâle.
En général, les victimes dénoncent davantage et plus rapidement les abus physiques qu’il y a 15 ans, «le niveau de tolérance a baissé», se réjouit-elle cependant.
Mais elle déplore du même souffle les «sentences bonbons» dont bénéficient trop souvent les batteurs de femmes et le manque de volonté politique à cet égard.