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Affaire Michaud: le jury prend son temps

Pierre Richard - Journal de Montréal
12/11/2003 07h00 

Quand les jurés qui ont entendu le procès de René Michaud, accusé des meurtres au premier degré de Bonnie et Robert Dagenais, se sont retirés pour entreprendre leurs délibérations, ils semblaient s’interroger sur plusieurs éléments de l’affaire. Mais après cinq jours de travail, force est d’admettre qu’ils trouvent probablement les réponses à leurs questions.

Officiellement, c’est jeudi dernier, en après-midi, que le jury entreprenait d’examiner comment Bonnie et Robert Dagenais, deux retraités de l’enseignement dans la jeune cinquantaine, ont été abattus dans leur chalet de Val-des-Monts par Michaud et, semble-t-il, un adolescent.

Ils faisaient alors valoir qu’ils désiraient visiter les lieux du crime. Ce que le juge Jean-Pierre Plouffe, après discussions avec les avocats Denis Pilon, pour la poursuite, et Marino Mendo, pour la défense, leur refusait en faisant valoir que la preuve comporte de nombreuses photographies, plans et schémas.

Même si, de toute évidence, cette solution n’était pas idéale aux yeux du jury de sept femmes et cinq hommes, personne ne contestait la décision du juge.

Cependant, le lendemain, les jurés revenaient à la charge et demandaient à entendre les deux principaux témoignages de l’affaire, soit celui de René Michaud lui-même et celui de l’adolescent, son complice présumé.

Depuis, c’est le silence. Rien, nothing, nada ! Pas une question ! Même pas une demande d’explication supplémentaire sur le doute raisonnable (un grand classique) ou sur la notion de complicité, pourtant complexe et difficile à assimiler.

Les observateurs en ont donc été réduits à examiner attentivement les jurés lors de leur arrivée le matin ainsi que les membres du jury qui vont fumer à l’extérieur.

Ainsi, lundi, les fumeurs avaient l’air maussade et fatigués.

Cependant, hier, tout le monde était joyeux et certains riaient même franchement. Quelles conclusions tirer de tout cela ? Que des supputations, que des suppositions élaborées à partir d’expériences passées, ce qui, somme toute, ne signifie pas grand-chose.

Ainsi, l’avocat de la défense, Marino Mendo, s’interrogeait lundi sur la mauvaise humeur et la fatigue apparente de certains membres du jury. Hier, il se disait que leur attitude plutôt gaie lui était peut-être plus favorable.

Quant aux journalistes, dont certains sont rompus à ce genre de cirque, une inquiétude grandissait : se pourrait-il que le débat s’allonge encore de quelques jours ? Bien malin qui peut le dire avec certitude. En attendant, les gageures sur l’annonce d’un verdict se multiplient, faisant de plus en plus de perdants.






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