Québec – « En 35 ans de pratique, c’est la première fois que je vois un tel cirque à l’extérieur de la cour, que l’on retourne à l’époque du Moyen Âge où les gens chahutaient et faisaient le procès de quelqu’un sur la place publique avant même qu’il ne soit jugé. »
De l’avis du criminaliste montréalais Robert La Haye, les « manifestations d’hostilité évidente et intensive » d’une quarantaine de citoyens à l’égard des présumés clients du réseau de prostitution juvénile et de leurs avocats, hier, ne feront qu’aider la cause des accusés.
« Ce sont des éléments qui devraient inciter les avocats de la défense à réclamer que leurs clients soient jugés ailleurs qu’à Québec, puisqu’il y a raison de croire qu’ils ne pourront y subir un procès juste et équitable. Les avocats auraient même le devoir d’agir ainsi, dans ces circonstances », a-t-il commenté, se disant surpris que cela se passe « dans une grande ville comme Québec ».
Outre les manifestations à l’extérieur, la journée hier a été marquée par une violente sortie de Me Jacques Larochelle, l’avocat de Robert Gillet, contre un animateur radiophonique bien connu de la capitale et contre le manque de sécurité à l’intérieur du palais de justice, autant pour les avocats que pour les accusés.
Jury impartial
Selon Me La Haye, les manifestations publiques du « comité d’accueil » d’hier amèneront, à coup sûr, de l’eau au moulin de la défense.
« Ce serait de bons motifs supplémentaires. Légalement, la médiatisation intensive d’un cas n’est pas suffisante pour obtenir un changement de venue (procès à l’extérieur du district judiciaire où les infractions auraient été commises). Mais il est bien évident que l’hostilité massive démontrée par un échantillon de la population permet de croire qu’il sera impossible d’y trouver un jury impartial. Et que même s’ils ont des préjugés, les jurés ne pourront en faire abstraction, malgré les directives du juge. »